Mode: La French Touch s’exporte à l’étranger

Anne Demoulin

— 

A gauche, le blazer réinventé par Crémieux et à droite, le style sportwear chic de Vicomte A.
A gauche, le blazer réinventé par Crémieux et à droite, le style sportwear chic de Vicomte A. — Crémieux/Vicomte A

Des ambassadeurs du chic français. Daniel Crémieux a taillé le costume des Bleus en 2008 et dispose de 1.200 points de vente dans le monde. Arthur et Bertrand de Soultrait, les cofondateurs de Vicomte A, ont ouvert leur première boutique sur la prestigieuse Worth Avenue de Palm Beach, la seconde à Long Island en 2006. En 2007, ils ouvrent leur première enseigne parisienne. Success-stories de marques de prêt-porter françaises hors de nos frontières.

«La France a une aura»

Le site de la marque de prêt-à-porter masculine Crémieux est en anglais. Pour cause, la griffe, créée dans les années 1970, est moins implantée en France qu’à l’étranger. «C’est un choix. J’ai travaillé avec un groupe français jusqu’à la fin des années 1990. Puis, j’ai décidé de présenter mes produits à l’étranger», explique Daniel Crémieux, le fondateur de la marque. La griffe possède deux bureaux de création, le premier à Paris, le second, dirigé par le fils du fondateur, Stéphane Crémieux, à New York. «Nous sommes une société familiale atypique», revendique Daniel Crémieux.

«J’ai commencé à 22 ans par vendre des cravates au porte-à-porte dans un quartier huppé à Charlotte aux Etats-Unis. Ma bonne éducation et mon accent français ont charmé les riches américaines. Lorsqu’elles ouvraient la porte, je leur faisais le baisemain», se rappelle Arthur de Soultrait.

«Etre Français m’a beaucoup aidé. Paris, à l’étranger, c’est le temple de la mode», poursuit-il. «La France a une aura. Nous sommes fiers d’être une entreprise française», constate Daniel Crémieux. «Il y a de la créativité en France, beaucoup de bon goût, des idées, mais peu de fabricants», déplore-t-il cependant.

«Une élégance mesurée»

La French Touch? «L’élégance à la française est parisienne et mesurée», estime Daniel Crémieux. «Le Parisien est élégant, tout en affichant une certaine nonchalance», confirme Arthur de Soultrait. Crémieux réinvente les classiques du vestiaire masculin comme le pull en cachemire ou le blazer, le produit phare de la maison. Vicomte A appose son titre de noblesse sur un sportwear chic, décalé et coloré. Le premier va ouvrir un flagship à Paris début avril, le second va présenter sa première collection à la Fashion Week de Paris.