Fashion Week: Yiqing Yin, créatrice in

MODE La créatrice Yiqing Yin, qui a habillé Audrey Tautou à Cannes, a présenté ce mercredi une collection étrangement poétique...

Anne Demoulin

— 

Défilé haute couture automne-hiver Yiqing Yin.
Défilé haute couture automne-hiver Yiqing Yin. — VINCENT WARTNER/20 Minutes

Plus sa côte grimpe, plus son travail gagne en profondeur. La créatrice française d’origine chinoise, Yiqing Yin, présentait ce mercredi sa collection haute couture automne-hiver 2013-2014. Très attendue, elle n’a pas déçue.

Des créations exigeantes

Tout va vite pour la jeune créatrice. Lauréate du prix de l'ANDAM en 2011, ses créations  défilent pour la première fois dans le calendrier officiel de la Chambre syndicale de la haute couture en 2012. En 2013, elle habille la matresse de cérémonie Audrey Tautou, pour l’ouverture du 68eFestival de Cannes d’une robe… «Le changement a été radical. J’ai eu plus de presse en une soirée qu’avec l’ensemble de mes défilés et puis, j’ai pu toucher le grand public», se réjouit Yiqing Yin. Des retombées importantes pour la marque: «C’est plus facile de trouver des financements, des acheteurs et des partenaires pour le défilé».

Dans sa nouvelle collection intitulée «Les rives de Lunacy», toujours des créations exigeantes, impeccablement exécutées. «Ma collection évoque les créatures marines, mais pas que les enchanteresses. Je me suis inspiré des écosystèmes marins, inconnus, étranges», confie-t-elle. Résultat, des pièces toutes plus fascinantes les unes que les autres. «J’ai fait un gros travail sur la texture. J’ai utilisé des matières luxueuses comme la dentelle de Calais, mais aussi des matières brutes comme la ouatine ou la gaz d’hôpital».

La mariée était en rouge

Grâce à un sponsor, elle a eu accès à du velours tissé à la main, en fil de soie fabriqué à Venise: «Les machines à tisser peuvent contenir jusqu’à 1400 bobines, rien que le montage du métier à tisser prend un mois».

Et pour le final, la mariée n’était pas en blanc chez Yiqing, mais en rouge, comme le veut la tradition chinoise. Une robe hallucinante sertie de branches de corails en organza.  Si elle fait rêver avec ses créatures sorties de 20000 lieux sous les mers, la créatrice ne cède pas au chant des sirènes. «Je travaille beaucoup, je vais présenter une collection capsule en prêt-à-porter en septembre. J’ai un projet de livre et de films, que de belles choses, mais il faut que je m’organise.»