Les verres se teintent de rose à l'heure de l'apéro

GOÛT et été, les boissons apéritives se la jouent fraîches et rosées…

Stéphane Leblanc

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Le rosé déteint cet été sur toutes les boissons alcoolisées
Le rosé déteint cet été sur toutes les boissons alcoolisées — P. Magnien / 20 Minutes

Bières, cidres, pastis, vermouth. Les piliers de l’apéro à la française abandonnent leur teinte blonde, jaune ou ambrée, pour se mettre au rose, couleur jugée plus féminine et décalée avec un petit goût acidulé... Autant de boissons à consommer avec modération, bien sûr!

La plus blanche, la bière rosée

«On n’a pas créé la bière rosée pour répondre à une quelconque tendance, prévient Arnaud Hanset, de la société Hoegaarden, mais pour briser l’amertume de la bière, lui apporter un peu de sophistication et l’image d’un produit innovant». La Hoegaarden rosée est avant tout «une vraie Blanche», plus fruitée avec son goût de framboise et plus légère avec ses 3 degrés d’alcool. Cette bière, lancée en décembre 2012 en France, mais développée depuis 2007 en Belgique, a la même cible que la blanche: jeune et plutôt féminine. Preuve qu’il s’agit bien d’une tendance: 1664 vient de lancer à son tour une déclinaison rosée.

Le plus craquant, le cidre rosé

C’est l’histoire d’une pomme à la chair rouge, la Royal délice, mise au point par un groupement de 6000 producteurs... «Elle donne un cidre rosé tout à fait naturel, sans colorant», insiste Claire Sophie Haas, de la société Eclore qui commercialise les cidres Ecusson en Normandie et Loïc Raison en Bretagne. «En quatre ans, le cidre rosé, plus rafraichissant et désaltérant qu’un cidre traditionnel, moins alcoolisé (3 degrés également) aussi, a bouleversé les usages: adieu les parties de crêpes et galettes, bienvenue dans les bar branchés, où il joue la carte jeune à l’apéro et vise ceux qui perçoivent souvent le cidre comme ringard».

La plus méridionale, l’anisette rosée

«Le pastis, c’est 20% de la consommation des spiritueux, note Mathieu Deslandes, de la société Pernod. Un classique de l’apéro, qui rebuterait les jeunes «à cause de son caractère anisé très affirmé»... C’est à cette clientèle que s’adresse le 51 rosé, une boisson qui respecte le rituel du pastis, mais qui a diminué l’anis de moitié et perdu en alcool (35 degrés, contre 45) ce qu’il a gagné en fraicheur et en fruits rouges. «Son élaboration a été plus longue que pour un champagne rosé», assure-t-il.

Le plus élégant, le vermouth rosé

Après le Lillet rouge et le Lillet blanc du cocktail Vesper immortalisé par James Bond dans Casino Royal, le vermouth bordelais vient de lancer le Lillet rosé, nouveau mélange de vin de bordeaux et de liqueur d’orange à plonger dans un bain de glaçons, pur ou accompagné de tonic. «Nous souhaitions une boisson plus subtile et complexe qu’un simple vin rosé, pour une clientèle féminine qui cherche à asseoir son statut», souligne Florent Leroi, de la société Ricard, propriétaire de Lillet. Dans le même esprit, Martini a créé le Martini royale rosato, un cocktail pétillant prêt à servir sur des glaçons.

Le rosé aussi joue la carte de l’innovation

Le vin rosé aussi se lance avec un «truc en plus». C’est le cas de l’Ice Tropez, cocktail de vin aromatisé à la fleur de brugnon, dont il existe une déclinaison sans alcool. «On n’a pas la prétention de révolutionner l’apéro, juste d’offrir une boisson dans l’air du temps: festive, rigolote, glamour et girly», explique Grégoire Chaix, producteur de rosés tropéziens. Pour un apéro plus chic, le Moët Ice Imperial, un champagne rosé à détendre avec des glaçons ou le Lanson White label, dont la recette est sublimée par l’ajout d’une feuille de menthe, un zeste d’orange ou une framboise.

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