«Trouver l'âme Guy Laroche»

propos recueillis par Anne Demoulin

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PHOTOS : V. WARTNER / 20 MINUTES

Comme Guillaume Henry chez Carven ou Alber Elbaz chez Lanvin, Marcel Marongiu a pris la direction artistique chez Guy Laroche. Une belle maison, qu'il a trouvée endormie en 2008 et qu'il réveille à coups de collections, toujours plus applaudies. Pour 20 Minutes, il revient sur le rôle d'un directeur artistique.

Pourquoi avez-vous accepté ce poste chez Guy Laroche ?

J'ai trouvé cela excitant ! Guy Laroche est l'un des plus beaux noms de la couture et du prêt-à-porter français. Cette maison avait vu se succéder beaucoup de directeurs artistiques. Du coup, personne n'avait laissé son empreinte. Ça ouvrait des portes pour moi, pour essayer de définir ce que Guy Laroche devait être aujourd'hui.

Suivez-vous les codes de la maison ?

Se plonger dans les archives, ce n'est pas très moderne. M. Guy Laroche est parti en 1989 ! Ma mission est d'essayer de trouver l'âme de la maison. Qu'est-ce que M. Guy Laroche voulait quand il a commencé ? Comment voyait-il sa maison, son évolution ?

Et que voulait-il ?

Son approche était très pragmatique. Il voulait une couture moins précieuse, plus abordable. Quand on regarde bien ses premières collections, il y a ce côté assez minimaliste où la construction est importante, et toujours, ce petit détail, ici et là, qui fait la différence. Cette démarche est très proche de la mienne. Là, j'ai trouvé le pont, la base pour travailler.

Et votre travail au quotidien ?

Je dessine la première ligne qui défile.Depuis peu, nous avons signé une licence avec des Italiens pour une seconde ligne moins chère. Nous avons des licences dans le monde entier. Je prépare deux fois par an un book, avec un texte d'inspiration, des tissus, la gamme de couleurs, des silhouettes, des dessins exclusifs, etc. Le book nous permet d'avoir tous le même langage

Tous les six mois, je fais, avec ma collaboratrice, une grande tournée pour vérifier si tout est cohérent.

Comment voyez-vous Guy Laroche dans quelques années?

J'aimerais bien qu'on lance une vraie première ligne homme. Cela n'existe pas encore, nous n'avons que des produits sous licence pour l'homme. Ça, ce serait vraiment intéressant. Je me verrais bien m'occuper de cela...