Qui êtes-vous, Doctor Who ?

Joël Métreau

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A l'expo, les costumes de cinq des onze acteurs qui se sont succédé dans le rôle du Doctor Who.
A l'expo, les costumes de cinq des onze acteurs qui se sont succédé dans le rôle du Doctor Who. — DR

Une expo consacrée uniquement à une série ? « Navarro », « Plus belle la vie… » ? Impensable en France. Pourtant, une « Doctor Who Experience » s'est tenue pendant un an, jusqu'au 22 février, à Londres et a attiré plus de 200 000 visiteurs ! Plus fort que « Chapeau melon et bottes de cuir », « Doctor Who »*, qui a démarré en 1963, détient le record de longévité pour une série de science-fiction et a engendré son spin-off « Torchwood ».
Quand les acteurs quittent une série, elle s'arrête. « Sauf que les créateurs de “Doctor Who” ont eu l'idée brillante de changer d'acteur pour le personnage. Maintenant, c'est ce que les téléspectateurs attendent », note Tom Spilsbury, rédac' chef du mensuel Doctor Who Magazine, qui a même paru pendant l'interruption de la série, de 1989 à 2005, preuve de l'attachement des fans britanniques.

« Un peu décalé »
Avec onze interprètes, « c'est l'exemple du prédateur parfait, qui évolue pour se maintenir à la télévision, explique le scénariste Steven Moffat. Chaque Doctor est différent du précédent. C'est le même personnage, mais optimisé pour l'acteur qui l'incarne. » Ce personnage fantastique, à la différence d'un James Bond, possède la faculté de se réincarner avec une personnalité et un physique différents. Un point commun : « Comme ses costumes, il est un peu décalé, pas vraiment dans son époque », remarque Spilsbury. Il demeure toutefois un miroir pour les Britanniques : « La série reflète la pop culture avec laquelle ils ont grandi », note Spilsbury. Le Tardis, la machine à voyager dans le temps et dans l'espace du héros, est une cabine téléphonique des années 1960. Aujourd'hui, disparue du paysage, elle appartient au patrimoine télévisuel anglais. L'expo proposait d'entrer dans cette machine, pour tâter sa console dont le design s'est modifié avec le temps : look « Star Wars » dans les années 1980, plus organique dans les années 2000.
Devenue un symbole, le Tardis autorise toutes les audaces scénaristiques, plantant le récit au Moyen Age comme dans un monde extraterrestre. « Une des raisons de sa longévité, assure Spilsbury. Comment peut-on atteindre l'infini ? »