« Par définition, j'ai un métier d'opposition »

Propos recueillis par Anne Kerloc'h

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Le satiriste se dit déjà inspiré par la « Hollandolâtrie » des médias.
Le satiriste se dit déjà inspiré par la « Hollandolâtrie » des médias. — BALTEL / SIPA

Mi-mars, Régis Mailhot arrêtait provisoirement « La marque du Mailhot », le matin sur RTL, pour laisser la place à une chronique sur la présidentielle. Il reprend ce mercredi matin, avec un nouveau président… Rencontre avec un passionné qui fait de la politique une matière à rires.

Dur de chroniquer sur une seule jambe ces derniers jours ?
C'était un peu mon carême, mais je savais que j'allais reprendre après les élections. Et puis, il y a eu un effet de vases communicants. Avec l'arrêt de « La marque du Mailhot », mon billet de midi dans « A la bonne heure » est devenu nettement plus politique !
Cette campagne vous a marqué ?
Je me nourris autant du ramdam médiatique que des faits. Or, le déferlement médiatique était inédit : inflation des humoristes, polémiques sur Twitter… Le soir des résultats, c'était « Loft Story ». On a eu droit à la longue séquence Thomas Hollande : Thomas qui pleure, Thomas qui téléphone à papa, David Pujadas sur France 2 qui s'extasie parce que Thomas prend le métro... Gaguesque.
L'ex-président était une cible de choix pour les satiristes…
Ça va être aussi bien ! François Hollande a sans doute moins d'aspérités. Nicolas Sarkozy, c'était une telenovela politique, avec un nouveau ressort dramatique chaque jour ! Mais un bouffon du roi ne s'intéresse pas qu'au souverain, il croque toute la cour. Pléthore d'acteurs va arriver : vieux éléphants du PS et nouveaux entrants. Sans parler de la « Hollandolâtrie » des médias qui va fournir une belle matière… J'ai un métier d'opposition, par définition.
Comment vous distinguez-vous des autres satiristes ?
J'ai la férocité, mais pas la méchanceté. Et une forme d'espièglerie. Je n'essaie pas d'être pédagogique dans l'humour. Sinon, je n'ai pas un humour engagé, mais je milite pour le dégagement !