Aller sur les chemins de traverse

alice coffin

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Les journalistes Raphaël Krafft et Alexis Monchovet dans La Campagne à vélo.
Les journalistes Raphaël Krafft et Alexis Monchovet dans La Campagne à vélo. — Playprod

Malgré la prestation loufoque, remarquée à défaut d'être remarquable, de Franz-Olivier Giesbert, « Des paroles et des actes » reste académique. Comme « Paroles de candidat ». Pendant la campagne, d'autres émissions abordent la présidentielle autrement.

Jeune, regarde-moi
Il y a celles qui veulent convaincre un public moins traditionnel. France 4 a ainsi opté pour « Qui veut devenir président ? » Le concept : présenter de jeunes politiques à un juré de journalistes aguerris « pour donner une tribune aux 18-25 ans, explique Thierry Dujon, le présentateur, qui ne trouvent pas leur place dans la campagne ». Cet unitaire a fait 0,7 % de part d'audience. Echec. Pour les encore plus jeunes, TFou a lancé la campagne « Un président pour TFou ». Pô, Badou et Superlunettes, au slogan puissant « Ensemble pour y voir plus clair » briguent jusqu'au 4 mai les suffrages des enfants. « On est là pour le divertissement, donc on voulait quelque chose de léger », note Yann Labasque, directeur des programmes jeunesse du groupe TF1.
D'autres cherchent non pas une audience différente, mais des interlocuteurs moins classiques. Pour cela elles tracent leur route comme dans La Campagne à vélo. Deux journalistes pédalent depuis quelques semaines et partagent leurs rencontres sur les réseaux sociaux, France Bleu et France TV Info*. « Le vélo offre un accès aux gens différents, note le producteur Stéphane Marchetti. L'idée, c'est d'être en marge avec des angles qui sortent du commun des médias. » Même ambition pour « Les routes de campagne » de Public Sénat. Pierre Bonte-Joseph et Julie Hulin visitent la France à coups de haltes prolongées. « Il y a beaucoup de grands directs avec les candidats, ou du décryptage, mais voir les gens, déjeuner avec eux, cela manque. » Pourtant, cela ouvre l'appétit politique.