Régularisation post-docu

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Au rayon documentaires engagés, Journal de sans-papiers est très bien exposé. Sa programmation, ce soir à 23 h 35 sur France 2, soit en pleine campagne présidentielle, est un hasard, mais « tombe bien », selon José Chidlovsky, coréalisateur. S'il a confié pendant quelques semaines une caméra à Sara, jeune lycéenne, Mady, leader de la lutte pour la régularisation des sans-papiers, ou Roger, artiste peintre qui se filme en parlant de sa « douleur atroce de sans-papiers », c'est « parce que la politique des quotas et la répression exercée sur une part invisible de la population sont intolérables ».
L'engagement du documentariste est tel qu'il a hébergé Sara, sous la menace d'une expulsion. Elle sera finalement arrêtée et José Chidlowsky aussi, pour délit de solidarité. « Mais le lendemain de mon audition à la police, raconte-t-il, elle a reçu une lettre, disant qu'elle allait être régularisée vu les circonstances exceptionnelles… » En guise de circonstances exceptionnelles, le fait qu'elle soit le personnage d'un documentaire.alice coffin