il est temps de sortirles chronomètres

Anabelle Laurent

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Duhamel, Apathie et Sarkozy.
Duhamel, Apathie et Sarkozy. — DR

Un nouveau temps médiatique commence. A partir de ce jour, radios et télés sont soumises à la règle de l'égalité du temps de parole édictée par le Conseil supérieur de l'audiovisuel pour la présidentielle.
Paradoxalement, la période va voir la fin des émissions politiques… Ainsi, « Des paroles et des actes » (France 2), qui a fait le plein d'audience, disparaît. Trop difficile d'y recevoir la dizaine de candidats. C'est aussi le cas de « Parole de candidat » sur TF1. « J'enfile ma blouse grise d'épicier », ironise Jacques Esnous, directeur de la rédaction de RTL. Car qui dit égalité du temps de parole, dit comptabilité précise. « C'est anti-journalistique », renchérit Hervé Béroud, directeur de la rédaction de BFMTV. « Jacques Cheminade ne représente rien dans la vie politique, il n'a pas de parti, pas de mandat et va squatter les antennes autant que Nicolas Sarkozy… ! »
Plus de contorsions
Vive les contorsions d'agendas surtout pour les petits candidats qui, pour certains, n'ont même pas de jokers. Sur BFMTV, l'émission d'Olivier Mazerolle se démultiplie, selon un savant calcul : « Sur les trois dimanches d'ici au 9 avril, on coupe l'émission en deux pour inviter deux candidats. Pour les quatre ou cinq candidats restants, on crée un nouveau créneau le samedi », note Hervé Béroud. En sachant que le 9 avril, l'affaire se corse. On passe à l'égalité du temps d'antenne : soit le temps consacré à tel ou tel candidat, y compris dans les flashs info ou les reportages…

meetingsQuid de la polémique sur les images des meetings, issues des des services de com ? Pour Hervé Béroud de BFMTV, cela ne pose pas problème, à condition de « signaler la provenance des images à l'écran et de travailler en parallèle avec nos propres caméras […] et puis un candidat mauvais reste mauvais même avec une réalisation léchée ».