«The Voice»: Les raisons d'un carton

TELEVISION Le nouveau télé-crochet de TF1 a rassemblé 9,1 millions de téléspectateurs le premier soir. Une audience record. Trois raisons pour lesquelles le programme a été suivi de manière exceptionnelle samedi dernier...

Anaëlle Grondin

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«The Voice» a réussi son pari, du moins lors de sa première diffusion. A savoir relancer le télé-crochet à la télévision, dix ans après le début de la Star Academy. La première de l’émission a fait un carton plein, écrasant Patrick Sébastien et son «Plus grand cabaret du monde» sur France 2. Les raisons de ce succès.

Un buzz savamment orchestré

 «The Voice» a débuté samedi soir sur la Une. Mais TF1 a sorti l’artillerie lourde depuis plusieurs semaines déjà. Voire des mois, à travers des informations distillées au compte-goutte pour attiser la curiosité. L’émission est partout sur Internet. Impossible de ne pas en entendre parler, à moins de ne pas avoir de connexion à la maison: «The Voice – La plus belle voix» a  un compte Twitter, très actif depuis son ouverture le 10 février, un compte Facebook que suivent déjà 30.800 personnes, une page Google+ et un site officiel sur lequel il est possible de «tester sa voix» grâce à une application de reconnaissance vocale. Des dispositifs qui permettent de faire du «teasing» à outrance, notamment en dévoilant des exclusivités et des images des coulisses. Et puisque l’on parle de «teasing», il faut savoir que Nikos Aliagas, présentateur de l’émission, est maître en la matière. Ceux qui le suivent sur Twitter (@nikosofficiel) peuvent déjà écrire un livre sur «The Voice». L’animateur tweete plus que Nadine Morano. La première de «The Voice» ayant été enregistrée à l’avance, Nikos Aliagas commentait et publiait des photos à destination de ses 238.000 abonnés pendant l’émission. Une touche de proximité qui ne manque pas de plaire aux téléspectateurs et internautes.

Les coachs font le show

Samedi, les candidats ont été bons élèves, beaucoup plus sages que le jury. Petites piques, blagues bien senties, vas-y que je te lance ma chaussure dans la tronche… L’alchimie était palpable entre les quatre coachs. Au final, Jenifer, Garou, Florent Pagny et Louis Bertignac semblent s’être beaucoup amusés, peut-être même plus que les chanteurs, certainement un peu tendus à l’idée que les sièges des coachs ne se retournent pas pour «approuver» leur voix. L’ambiance bon enfant, très «feel good» TV comme le souhaitait TF1,  a bien fonctionné.

«Une position de confort absolu» pour le téléspectateur 

François Jost, sociologue des médias, pense que la curiosité a beaucoup joué. Mais pas seulement: «Le dispositif est très fort». «Il n’y a pratiquement que des voix extraordinaires, il n’y a pas eu de nuls comme dans certains télé-crochets. Ce qui est intéressant c’est que le téléspectateur se trouve dans une position de confort absolu. Il en sait plus que les protagonistes de l’émission. Il voit le chanteur et la réaction des jurés en même temps. Le buzz s’effectue sur le fait que le jury ne voit pas le physique des candidats. Le téléspectateur voit l’ensemble. On flatte sa position à lui», a expliqué François Jost à 20 Minutes. Et si le côté «bisounours» de l’émission («pas question de casser les candidats», nous avait confié TF1) n’a pas encore rebuté les téléspectateurs, c’est parce qu’«il y a un double jeu». «Il y a d’abord la sélection par le jury mais la situation se retourne. Le candidat doit choisir qui va le coacher, et il devient lui-même un juge», précise le sociologue des médias. «Maintenant, c’est vrai que ce côté un petit peu bisounours, ça m’étonne que ça séduise complètement. C’est peut être la faiblesse de l’émission, on va voir comment ça évolue».

>> Et vous, avez-vous regardé «The Voice» samedi dernier? Si oui, qu’est-ce qui vous a plu/déplu? Continuerez-vous à regarder l’émission? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous…