TF1: «Dans 'The Voice', il n'est pas question de casser les candidats»

INTERVIEW Le nouveau télécrochet de la Une débarque ce samedi soir à 20h50. Mathieu Vergne, directeur jeux, variétés et divertissements sur TF1, explique pourquoi la chaîne mise sur cette émission...

Propos recueillis par Anaëlle Grondin

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Le plateau de l'émission de TF1 "The Voice"
Le plateau de l'émission de TF1 "The Voice" — TF1

En prime-time ce samedi soir, les téléspectateurs de la Une découvriront la première de «The Voice», nouvelle émission musicale adaptée d’un format néerlandais.  Le programme devra dénicher LA voix. Petite particularité par rapport aux télécrochets déjà diffusés en France: le jury ne verra pas les candidats pour ne pas être influencé par leur look ou leur attitude. 20 Minutes s’est entretenu avec Mathieu Vergne, directeur jeux, variétés et divertissements sur TF1.

Le télécrochet n’a plus vraiment la cote en ce moment à la télé. D’ailleurs, «X Factor» n’a pas été renouvelé par M6 cette année. Vous n’avez pas peur de prendre un risque en programmant «The Voice»?

C’est dur de commenter les choix des concurrents. Nous on est très contents d’avoir «The Voice» parce qu’à notre sens, c’est quelque chose de totalement nouveau. Après, on prend toujours des risques, c’est le principe de notre métier. Avec ce programme, on a l’impression que ça vaut le coup de prendre ce risque-là. Ce qui est paradoxal dans ce métier, c’est qu’on est spectateur dans les auditions: on a pris beaucoup de plaisir et on se dit que ça aurait été dommage de ne pas proposer ce programme aux téléspectateurs de TF1. On pense que «The Voice» est assez différent pour que le télécrochet puisse conquérir à nouveau son public.

Dix ans après la «Star Academy», en quoi cette nouvelle émission renouvelle le genre?

Dans son concept, c’est vu nulle part ailleurs. Déjà, on a des coachs, ce n’est pas un jury. Ce sont vraiment des talents qui vont sélectionner d’autres talents. Et puis, il n’est pas question de juger ou de casser les gens qui passent. Au-delà du fait que les coachs ne voient pas les candidats, la nouveauté aussi, c’est que les talents vont sélectionner le coach avec qui ils veulent continuer l’aventure, donc les coachs vont devoir se vendre. C’est du jamais vu de voir Jenifer qui se bat contre Garou ou Bertignac pour avoir un talent à défendre. Et puis, c’est une émission qui se consacre uniquement à la chanson, il n’y a pas de suivi 24h/24 des candidats.

Pourtant, casser un peu les candidats ce n’est pas ce qui plait et fait marrer le public dans ce genre d’émissions?

On a envie de faire une émission positive. On a que des bons chanteurs qui se présentent, car on a fait une présélection. On ne laisse pas passer des casseroles pour faire du spectacle. La question ne se pose donc pas car au passage devant les coachs, ils auront déjà du talent.

«The Voice» fait un carton à l’étranger. On imagine que c’est ce qui vous a poussé à vouloir diffuser la version française. Comment expliquez-vous un tel succès dans les autres pays?

L’originalité du concept fait tout. Quand ça a été choisi par TF1, ce n’était pas encore diffusé dans autant de pays que maintenant. C’est difficile à expliquer pour les autres pays, mais il y a tellement d’émotion dans le programme, on passe du rire aux larmes.

Comment l’émission a-t-elle été «francisée» pour coller au public d’ici?

La chanson, c’est assez universel. On n’a pas eu à faire beaucoup de modifications. On a simplement eu quatre excellents coachs difficiles à avoir: Jenifer, Garou, Florent Pagny et Louis Bertignac. Ils ont un talent énorme.

Jenifer et Garou, c’est pas un peu dépassé?

On peut avoir des a priori. Mais on est super contents de les avoir avec nous. Ils nous ont donné énormément de plaisir lors les auditions. Ils ont une sensibilité à fleur de peau et connaissent bien leur métier. Garou était en haut de l’affiche pour des spectacles à New York, il a fait une carrière internationale. Jenifer a vendu énormément d’albums. Ils sont excellents même en coaching, ils vont tous avoir leur équipe. Florent Pagny et Louis Bertignac viennent apporter de la maturité.

Selon un consultant cité par BFM TV, «The Voice» serait «la cartouche de la saison» pour TF1…

Tous les nouveaux programmes qu’on met à l’antenne sont importants, même si c’est vrai que «The Voice», c’est un des sujets les plus importants du moment. On a beaucoup travaillé pour que le programme soit au niveau des attentes. On attend la rencontre avec le public samedi soir. On ne s’attend pas à ce que ce soit énorme le premier soir. C’est sur plusieurs semaines, on attend de voir.

Pourquoi avoir choisi le créneau du samedi soir?

C’est un jour traditionnellement très fort pour les variétés, ou toute la famille peut être devant la télé. On vise très large avec ce  programme. Il peut intéresser les enfants, parents, grand-parents.

Quels sont vos objectifs en termes d’audiences ?

On ne réfléchit pas en termes d’objectif. L’essentiel, c’est que le programme soit bon. Et après, on espère qu’un maximum de gens vont regarder.

La bande-annonce de «The Voice»:

 

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