La fécondation in vitro, belle épreuve de journalisme

FIV Deux émissions se penchent sur un sujet majeur mais peu médiatisé...

Alice Coffin

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Du matériel pour procréation médicalement assistée à la Clinique spécialisée de la Muette de Paris.
Du matériel pour procréation médicalement assistée à la Clinique spécialisée de la Muette de Paris. — MELANIE FREY/JDD/SIPA

Depuis la première FIV réalisée par René Frydman, 200.000 enfants sont nés en France grâce à cette technique. Pourtant, le parcours auquel il astreint les couples reste «tabou», note Clarisse Verrier. Elle a réalisé C'est une FIV, diffusé sur Téva ce week-end et entre autres, samedi prochain à 16h35, alors que France 2 programme ce mardi à 20h35 Un bébé nommé désir.

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«Ces émissions sont importantes, pointe Frydman. Depuis trente ans les médias suivent quand il y a de grosses avancées, ou alors des couacs, mais cette thématique concerne 15% des personnes en âge de procréer et n'a pas la place qu'elle mérite!». Sur le service public, Nathalie Darrigrand, directrice des magazines dit avoir voulu «mettre cela sur la place publique». Par militantisme? «C'est vrai que les femmes étant peu représentées au Parlement, ces sujets sont moins abordés. Mais ce n'est pas militant. Disons engagé.» Ou juste «journalistique», estime Clarisse Verrier. Car «la FIV est un sujet que le journaliste doit aller chercher! D'eux-mêmes, les gens n'ont pas envie de raconter.» Sans compter les appréhensions des femmes «à témoigner, par rapport à l'employeur. Etre absente pour des rendez-vous médicaux qui visent, en plus, à partir un jour en congé maternité, c'est mal vu!»

Prendre ou pas position

Du journalisme donc. Qui dans le cas de l'émission de France 2, dont l'objet dépasse la FIV pour traiter de mères porteuses ou d'autres questions parfois polémiques, ne peut complètement échapper à la prise de position. «On a confié la présentation à Florence Pernel, raconte la productrice Fabienne Servan-Schreiber. C'est sûr que si elle avait dit «“il faut tuer tous les embryons”, on ne l'aurait pas prise». Benoît Duquesne assume, lui, ses opinions: «ll y a comme avec l'avortement avant, des discriminations financières sur ce que les gens peuvent faire ou pas en matière de reproduction, il faut en parler.» Ce sera fait dans le débat qu'il anime après le magazine à 22 h 25.