Laurent Gerra: «Quand Marine Le Pen parle, elle a le même rythme que son père, les mêmes respirations»

INTERVIEW Pour la première fois de sa carrière, Laurent Gerra a imité Marine Le Pen, ce matin, dans sa chronique matinale sur RTL. Il explique pourquoi à «20Minutes»...

Benjamin Chapon

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Laurent Gerra à RTL
Laurent Gerra à RTL — RTL

Cette imitation de Marine Le Pen, vous y pensiez depuis longtemps?

Pour être franc, je ne l’ai pas beaucoup travaillée. Il y a quelques jours, on plaisantait dans notre bureau avec les auteurs. Albert Algoud est passé par là et m’a poussé à le faire. Depuis, j’ai plutôt de bonnes retombées, alors je le remercie.

Ce n’était pas prévu depuis le début de la campagne présidentielle?

Non. C’était la même chose avec Eva Joly, tout est parti d’une déconnade.

Pourquoi ne pas l’avoir fait avant?

J’ai naturellement beaucoup de mal avec les voix de femme, c’est plus difficile pour moi. Eva Joly, ça passe parce qu’elle a une voix grave et assez douce, et un peu d’accent. J’aurais plus de mal à faire Martine Aubry par exemple. J’aurais été embêté si elle avait gagné les primaires socialistes… Enfin, j’aurais été embêté vocalement, hein, pas politiquement.

Comment avez-vous contourné la difficulté pour pouvoir imiter Marine Le Pen?

Il faut tricher, trouver des tics de langage. Marine Le Pen commence beaucoup ses phrases par «Madame» ou «Monsieur» et parle avec la mâchoire serrée.

 Elle parle beaucoup en souriant non?

Pas vraiment, elle sourie quand elle écoute, et ça ne s’entend pas à la radio. En revanche, quand elle parle, elle a le même rythme que son père, les mêmes respirations et presque la même tonalité.

On dit souvent qu’elle a le côté tribun de son père...

Oui, et de Nicolas Sarkozy. Comme lui, elle est avocate, elle a ce ton de plaideuse. Et elle imite le côté prédicateur américain qu’avait son père. Dans ses meetings, elle sillonne la scène de long en large, elle occupe l’espace.

Ça non plus ça ne s’entend pas à la radio…

Non, c’est vrai. Mais c’est intéressant de savoir quelle posture elle adopte pour mieux la cerner. Par exemple, dans la matinale de RTL, nous avons été les premiers à dire que François Hollande imitait Mitterrand dans l’attitude. Du coup, quand j’imite Hollande, je lui mets des accents mitterrandiens.