Décès du journaliste Gilles Jacquier: Les circonstances de sa mort font polémique

MEDIAS Un reporter estime que la presse était sans doute visée...

C.Pski

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Gilles Jacquier à Bayeux, le 9 octobre 2010.
Gilles Jacquier à Bayeux, le 9 octobre 2010. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Et si Gilles Jacquier, journaliste tué mercredi à Homs en Syrie, n’était pas mort par hasard? Si les journalistes avaient en réalité étaient visés par les forces syriennes?

Lorsque les tirs d’obus ou de mortier ont fusé, en plein centre-ville, Gilles Jacquier était en sortie avec d’autres journalistes, pour un déplacement autorisé et encadré par le gouvernement.

«On nous a emmenés dans un quartier normalement sécurisé, c’était très, très encadré», a raconté sur Europe 1 Jacques Duplessy, journaliste indépendant qui collabore notamment à Ouest France, et qui se trouvait aux côtés de Gilles Jacquier au moment des tirs. «Je pense qu’on a été grandement manipulés», poursuit-il. «Ce n’est pas du tout le fait du hasard, parce qu’après ces quatre obus, il n’y a plus rien eu, c’était terminé. Pas d’attaque, pas de tir.»

Duplessy ajoute que les médias syriens ont été étrangement réactifs, sur place et en nombre, très vite après le drame, prêts à tout filmer, et tout aussi prompts à accuser sans preuve l’opposition. «On peut se demander si ce n’est pas vraiment un piège, si ce n’est pas délibéré d’avoir attaqué des journalistes» affirme Gilles Jacquier à Europe 1.

Enquête en cours

Le directeur de l'Info de France Télévisions, Thierry Thuillier, reste plus sceptique pour l’instant: «Imaginer une manipulation me paraît, à ce stade-là, vraiment prématuré», a-t-il déclaré.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, et l'organisation de défense de la presse, Reporters sans Frontières, ont demandé une enquête. «Gilles Jacquier est le premier journaliste étranger tué en Syrie depuis le 15 mars. Nous demandons aux autorités, avec le concours des observateurs de la Ligue arabe, de faire toute la lumière sur cette tragédie», a déclaré Reporters sans frontières (RSF).