« On sent tout de suite la nationalité d'un réalisateur »

recueilli par alice coffin

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Emilie Aubry lors du Sidaction.
Emilie Aubry lors du Sidaction. — BENAROCH / SIPA

En 2011, Emilie Aubry présentait « Global Mag » sur Arte et « Ecrire la politique » sur LCP. En 2012, elle anime dès ce soir les Thema d'Arte et le 28 janvier « La cité du livre » sur LCP.

Les Thema, c'est vieux comme Arte, non ? Qu'est-ce qui change

avec votre arrivée ?
On a reproché à Arte d'être une chaîne cultureuse, froide, décalée. Justement, on va ancrer cette émission au cœur du monde. En faire la grande case d'actualité, d'investigation d'Arte, l'équivalent d'« Envoyé spécial » sur France 2 ou de « Zone interdite » sur M6, dans un style très différent. Outre les documentaires, il y aura un débat que j'animerai et un chat. Qui continuera après l'antenne.

La première, ce soir, traite de quoi ?
Le gaz ! C'est une enquête d'un journaliste autrichien. On le sent tout de suite. C'est étonnant mais en une minute, on peut deviner la nationalité des réalisateurs. Les documentaires français ont la culture de la séquence. Cela a le mérite de rendre les choses vivantes, mais cela tourne parfois à l'obsession et du coup, on perd la notion du sens. A l'inverse, les Allemands construisent de manière très méthodique et pédagogique, mais parfois trop sèche.

Vous ne rêvez pas chaînes

plus exposées qu'Arte et LCP ?
Après les primaires de 2007, j'ai eu des propositions en ce sens. J'irai peut-être sur une de ces chaînes un jour, mais j'y serai moins heureuse. Car j'aime pouvoir m'appesantir sur un projet. Ce qui est aussi le cas sur LCP, où j'anime désormais un magazine littéraire bimensuel. Il aborde tous les métiers du livre, pas juste l'actualité des publications.

Vous arrêtez « Ecrire la politique ». Marre de la politique ?
Je n'ai pas le virus, le venin de la politique. Moi, j'ai plus une curiosité pour les grandes problématiques de société. Je ne me vois pas dans trente-cinq ans couvrir ma onzième campagne des élections régionales ! Le journalisme politique est quand même curieux, car il oblige à être transversal et en même temps, on est spécialiste de rien.