Les écrans préfèrent les experts

PARITÉ n rapport sur l'image des femmes dans les médias insiste sur le progrès qu'il reste à faire pour que celles-ci soient plus représentées...

Alice Coffin
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 Les invités dans C dans l’air, présentée par Yves Calvi (au centre) sur France 5, sont souvent des hommes.
 Les invités dans C dans l’air, présentée par Yves Calvi (au centre) sur France 5, sont souvent des hommes. — N. GUYON / FTV / FRANCE 5

Experts, la perfection au masculin. On ne parle pas de la série policière moissonneuse-batteuse d’audience, mais des spécialistes interviewé(e)s dans les médias. En 2008, «les chiffres étaient terribles», en 2011, «il n’y a pas de progrès», a expliqué mercredi 7 décembre Michèle Reiser, présidente de la commission de réflexion sur l’image des femmes dans les médias.

Prise de conscience

Comme il y a trois ans, pendant une semaine, la commission a comptabilisé le nombre de femmes ou d’hommes interviewés en tant que spécialistes par les médias. Et comme il y a trois ans, seulement 18% des expert(e)s interrogé(e)s sont des femmes. Dans la presse me chiffre tombe à 15% (de 8% pour Le Figaro à 36% pour Marianne).

Pour les matinales radio, c’est un peu mieux, 23% (mauvais élève RTL : 15% de femmes). A la télé, C dans l’air obtient la palme, 1 femme sur 20 invités pendant la semaine test. «Cinq femmes programment l’émission, elles me disent que les femmes sont moins bonnes», s’est justifié le producteur Jérôme Bellay. Avis peu partagé par les personnalités invitées hier au colloque.

Marie-Christine Saragosse, DG de TV5 Monde, qui grâce à une «démarche engagée» obtient les meilleurs chiffres, estime que «la prise de conscience n’est pas encore là». La ministre Roselyne Bachelot a, quant à elle, martelé : «Le spectacle d’une table ronde où il n’y a que des intervenants masculins devient insupportable.» Et d’ajouter, pour «ceux qui viennent pleurnicher en disant :"on voudrait donner de la place aux femmes mais on n’en trouve pas", ne vous inquiétez pas on va vous en trouver mes chéris». Allusion à Brigitte Grésy, rapporteuse de la commission qui préconise de constituer des fichiers d’expertes. Autres pistes, que les directions des médias engagent un suivi quotidien du problème. Insuffisant pour Isabelle Germain, fondatrice de lesnouvellesnews.fr, qui suggère de «conditionner l’obtention d’aides de l’Etat à la presse à une représentation équilibrée et non stéréotypée des hommes et des femmes». Le coup au porte-monnaie comme incitateur à l’égalité.