Bernard de La Villardière: «Lorsque j'arrive à l’antenne, ça fait du bien à la courbe d'audience»

TELEVISION A l'occasion de la 200e d'«Enquête Exclusive», ce dimanche à 22h45, Bernard de la Villardière revient pour «20 Minutes» sur six années d'enquêtes...

Propos recueillis par Ingrid Gallou

— 

Bernard de la Villardière, en Argentine, en décembre 2010.
Bernard de la Villardière, en Argentine, en décembre 2010. — DOIGNON PHILIPPE/AUDEBERT/SIPA

Vous êtes sur le point de fêter la 200e d’Enquête exclusive. Y-a-t-il un sujet dont vous êtes particulièrement fier?

Les films que nous avons réalisés sur Cuba, le Darfour ou les gangs de Los Angeles. Je suis très attaché aux premiers numéros, un peu comme quand on se souvient des premiers pas d’un  bébé. A l’occasion d’un film sur les conséquences de la guerre en Irak et en Afghanistan sur les familles de soldats, nous étions allés à la rencontre des mères des soldats. Je me souviens d’une interview au cimetière d’Arlington avec une femme dont le fils, pilote d’hélicoptère, était décédé. Elle ne savait plus où était la tombe de son enfant et nous l’avons cherché ensemble.

A l’occasion de la 200e, vous avez annoncé une série de prime time. Cet horaire ne risque-t-il pas de vous obliger à lisser vos contenus

Les sujets seront plus proches du magazine de société, plus franco-français, avec prochainement des enquêtes sur le bizutage en France ou les chauffards.

On moque souvent le coté «trash» d’Enquête exclusive et ses sujets chauds qui tournent autour du sexe et de la drogue. Que répondez-vous à cela?

Plus que le sexe, c’est la prostitution que nous traitons. La criminalité constitue l’un des grands territoires de l’émission, ce qui suppose de traiter des différents trafics et parmi eux de la contrefaçon, des pièces détachées ou de la prostitution. Ceci dit, en 200 émissions, seulement 4% de nos sujets traitaient de prostitution. Ce qui place Enquête exclusive en-dessous de l’émission Harry Roselmack et des émissions dans la même veine que la nôtre.

Mais la prostitution n’est pas le sexe…

On parle de sexe, effectivement. Car ne dit-on pas que monde est dirigé par le sexe, le pouvoir et l’argent? Quand nous tournons à Rio, Berlin ou Londres, nous montrons l’envers du décor et forcément, on s’intéresse à la nuit. Le sexe, comme l’eau, est essentiel. Tenez, récemment, j’étais au Cirque du soleil. Eh bien, le spectacle était très sexuel, figurez-vous!

On pointe également votre goût pour la mise en scène de vos plateaux…

Il n’y a pas de mise scène. Simplement, le point de vue est différent des magazines à la française où le journaliste est derrière la caméra. Moi, je suis plus médiateur, plus à l’image, ce qui permet de rapprocher ce qui est loin, en rendant les choses plus proches, plus accessibles. Si M6 accepte de se plier à cet exercice depuis tant d’années, c’est que les résultats en termes d’audience sont visibles. Lorsque j’arrive à l’antenne, ça fait du bien à la courbe d’audience.

Présentateur, rédacteur en chef et producteur, ce n’est pas un peu trop? Ne manquez-vous pas d’un contrepoids au quotidien?

Pourquoi? Il y a un autre rédacteur en chef et un directeur de l’antenne. Et puis c’est un travail d’équipe, nous sommes 12 personnes à travailler pour l’émission. Nous collaborons par ailleurs avec cinq ou six sociétés de production, dont la mienne, Ligne de front, qui réalise un quart des sujets. Si je venais à me mélanger les pinceaux, M6 me le ferait savoir.