Des espèces rares au coeur de tournages de l'extrême

TELEVISION La série «Vivre en enfer» s'intéresse aux espèces vivant en milieux hostiles...

Joël Métreau

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Le lac Retba (Sénégal), au taux de salinité élevé, est rose en raison de bactéries.
Le lac Retba (Sénégal), au taux de salinité élevé, est rose en raison de bactéries. — T. BERROD / MONA LISA

Ala chaleur du désert comme au froid polaire, des créatures se sont adaptées. La série documentaire diffusée sur Arte, du lundi au jeudi à 19h55, montre la faune et la flore qui vivent dans des conditions totalement hostiles à la vie humaine.

«Peu de films ont été consacrés à ces espèces, raconte le coréalisateur Thierry Berrod. Nous avons amené sur place des microscopes optiques, qui ont par exemple permis d'avoir un rendu des vraies couleurs et d'assister à des prédations d'organismes.» Impossible d'obtenir ces images autrement. Car, paradoxalement, sorties de leur milieu extrême, ces espèces meurent.

Grotte toxique, crevasses glacées

Lors des tournages, le matériel a aussi rendu l'âme: «On a bousillé trois caméras, car elles sont sensibles à l'acide et au sel, qui rongent les circuits électroniques.» Et pour les humains, les précautions s'avèrent nécessaires. Dans les grottes toxiques de Movilé (Roumanie), les masques à gaz sont indispensables contre le sulfure d'hydrogène.

«Les prises sous l'eau ont été effectuées par un spéléologue confirmé, en raison de la dangerosité du siphon», précise Thierry Berrod. Mais un accident est arrivé lors de l'expédition dans le Groenland, puisque le réalisateur s'est coupé un tendon en sautant d'une crevasse. Petite consolation: il a pu voir se réveiller un tardigrade, un ourson des eaux. Ce minuscule animal avait été capturé à une quarantaine de mètres de profondeur dans la glace: «Ils peuvent dormir jusqu'à deux ou trois siècles», explique Thierry Berrod. Ils intéressent la NASA qui y voient peut-être un moyen d'envoyer des hommes loin dans l'espace.