Protection du jeune public dans les médias: Le CSA veut «être dans le coup»

MEDIAS Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a présenté ce lundi sa nouvelle campagne de protection du jeune public dans les médias audiovisuels...

C.P.
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Michel Boyon, président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, le 11 mai 2011 à Paris
Michel Boyon, président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, le 11 mai 2011 à Paris — WITT/SIPA

Le CSA est à la recherche d’un prénom pour son nouvel arrivant, une peluche couleur Casimir, aux airs de Sulli dans Monstres et Compagnie. Cette créature est l’héroïne du nouveau spot de protection du jeune public dans les médias, qui doit sensibiliser enfants de moins de 4 ans et parents aux dangers de certains programmes contenant des scènes de violence. Pour les plus âgés, un autre spot met en scène un petit garçon terrifié, bloqué dans un écran de smartphone, d’ordinateur, de télévision, avec ce slogan: «Ne laissons pas nos enfants se faire piéger par les images».

Une multiplication des écrans problématiques

Cette campagne dévoilée lundi à la presse est la troisième depuis 2004. «Nous avons décidé de passer à l’étape suivante et de sensibiliser à la multiplication des écrans, et à la solitude de l’enfant face aux images», a expliqué ce lundi Michel Boyon, président du CSA. Pour Françoise Laborde, présidente du groupe de travail «jeunesse et protection des mineurs» du CSA, il s’agit de montrer que le conseil  «peut être dans le coup, en adéquation avec les évolutions de la société et de ses pratiques de consommation des médias».

L’omniprésence des écrans est en effet au cœur des nouveaux usages de la télévision (télé connectée ou chaînes de télé regardées en direct sur l’ordinateur, catch-up TV…) comme des préoccupations du CSA. «Car cette multiplication des écrans disponibles pose beaucoup de problèmes et notamment celui de la protection des enfants. Comment les avertir sur des programmes qui ne sont pas français, sur lesquels nous n’avons pas la main et qui n’ont aucune signalétique imposée?» interroge Michel Boyon. «Nous sommes tous d’accord pour dire qu’Internet est un espace de liberté, très bien, mais ce n’est pas pour ça qu’il s’agit de ne pas le réguler», poursuit-il.

Frustration

Le problème pour le CSA, c’est qu’il n’est pas compétent pour réguler le Web. «Une source de frustration», selon Christine Kelly, vice-présidente du groupe de travail. «Le CSA est soumis à la loi, à part la catch-up TV, les contenus Internet ne sont pas de notre ressort. On voudrait ne pas être démuni face à des plateformes américaines de diffusion de vidéo bien connues, souligne François Laborde. Tout ce que l’on peut faire, c’est sensibiliser les parents, pour qu’ils dialoguent avec leurs enfants.» Car les 4-14 ans regardent la télévision 2h12 par jour -et les 15 ans et plus, 3h45.

Mais d’autres projets sont à l’étude: «Nous pensons à l’autorégulation des FAI, des hébergeurs, à des contrôles parentaux plus efficaces, à des sites labellisés sur lesquels les parents seront assurés que les contenus sont validés pour leurs enfants», précise Michel Boyon. «Je refuse de dire que parce que la question est difficile ou parce que le Web baigne dans la mondialité, il ne faudrait rien faire», ajoute-t-il.

D’ailleurs, la secrétaire d’Etat à la famille Claude Greff prévient qu’elle prend la question très au sérieux. «Les enfants passent 1800 heures par an à l’école, et presque 1200 devant un écran. J’ai déjà créé une plateforme téléphonique, un site internet pour informer les familles sur les rapports des enfants aux médias, rappelle-t-elle à 20Minutes. Je souhaite voir la campagne du CSA se développer, lui donner de la visibilité. Et la clé est vraiment dans l’information des parents. Parce qu’ils ne sont pas toujours au courant de ce que leurs enfants regardent» juge Claude Greff.