Le siège de «Charlie Hebdo» ravagé par un incendie d'origine criminelle

MÉDIAS e bâtiment a été partiellement brûlé, probablement par un cocktail molotov...

C.C. et A.G.

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Cet incendie, accompagné d'un piratage du site internet du journal, survient alors que Charlie Hebdo, a fait du prophète de l'islam le "rédacteur en chef" de son numéro de ce mercredi, afin de "fêter la victoire" du parti islamiste Ennahda en Tunisie.
Cet incendie, accompagné d'un piratage du site internet du journal, survient alors que Charlie Hebdo, a fait du prophète de l'islam le "rédacteur en chef" de son numéro de ce mercredi, afin de "fêter la victoire" du parti islamiste Ennahda en Tunisie. — Martin Bureau afp.com

Le siège du journal satirique Charlie Hebdo a été attaqué dans la nuit de mardi à ce mercredi au cocktail molotov, rapporte Europe 1. Deux suspects auraient été aperçus sans pouvoir être interpellés. «Un incendie s'est déclaré vers 1h du matin sans faire de blessés ou de victimes, la police judiciaire a été saisie pour en déterminer l'origine et les circonstances», a indiqué une source policière à l'agence de presse Reuters. Situé dans le 20e arrondissement de Paris, le bâtiment aurait partiellement brûlé selon Charb, dessinateur et directeur de la publication. 

Une attaque qui intervient à la veille de la publication d'un numéro spécial intitulé «Charia Hebdo», en référence aux élections en Tunisie et à la victoire du parti islamiste Ennahda. «Sur Twitter, sur Facebook, on a reçu pas mal de lettres de protestation, de menaces, d'insultes», que la direction du journal s'apprêtait à transmettre à la police, a expliqué Charb à l'AFP.

«Mais personne n’a vu ce journal. Les incendiaires n’ont pas lu ce journal, personne ne sait ce qu’il y a dans ce journal à part ceux qui l’achèteront ce matin. Les gens ont réagi violemment sur un journal dont ils ignorent totalement le contenu, c’est cela qui est le plus aberrant et le plus débile», a déclaré Charb sur BFM TV. «Le journal qui sort aujourd’hui n’était pas un journal contre les Musulmans, contre qui que ce soit, c’était un journal pour dire que l’on peut rire de tout. C’est la meilleure preuve de la liberté et de la démocratie», a réagi sur la chaîne de télévision Patrick Pelloux, chroniqueur à Charlie Hebdo.  

«Des sujets interdits à traiter en France»?

«S'il y a des sujets interdits à traiter en France, il va falloir qu'on nous le dise. Il y a un traitement particulier qui doit être réservé à l'Islam et ce n'est pas normal du tout!», a réagi Charb sur i-Télé, ajoutant: «On va essayer de trouver en urgence des locaux et du matériel pour sortir Charlie Hebdo la semaine prochaine». Nicolas Demorand a de son côté invité la rédaction de Charlie Hebdo à s'installer à Libération.

Le site Internet de l'hebdomadaire a par ailleurs été hacké: ce mercredi matin la page d'accueil du site faisait apparaître une photographie d'une mosquée et un verset du coran traduit en anglais.

Malgré l'incendie, Charia Hebdo sera quand même en vente dès ce mercredi. «Le journal qui devait sortir aujourd'hui était déjà en route chez les kiosquiers, il sortira normalement», a précisé le directeur de la publication à Europe 1. En 2006, l'hebdomadaire satirique avait déjà reçu des menaces suite à la publication des caricatures de Mahomet. Toutefois, Charb a souligné auprès de l'AFP que Charia Hebdo n'avait «pas la même portée» et était «plus déconnant qu'autre chose».