Data journalisme en France: «Les statistiques, ça parle!»

JOURNALISME Les données, les chiffres, et les courbes sont les nouveaux alliés des journalistes...

Propos recueillis par Alice Coffin

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Le quotidien britannique The Guardian fait la part belle aux données.
Le quotidien britannique The Guardian fait la part belle aux données. — THE GUARDIAN

Cette année, Simon Rogers a été désigné «Meilleur Web journaliste» par le Oxford Internet Institute. Son dada: le data. News editor du quotidien, The Guardian, il donne sa vision du journalisme de «données».

C'est quoi le data journalisme?
Le data, c'est des données. Donc, il s'agit d'extraire de statistiques, de chiffres bruts, de quoi raconter des histoires.

Mais cela a toujours existé..
La différence, c'est que maintenant, les entreprises, les chercheurs, les institutions, tout le monde produit des rapports avec plein de chiffres. Les journalistes n'ont jamais eu autant de matière pour faire leur boulot! Encore faut-il qu'il l'interprète.

ça change quoi au journalisme?
Les gens ne font plus confiance aux médias, alors que les stats, ça leur parle! Et on fait même participer nos lecteurs.

Un exemple?
Pour éplucher les notes de frais de députés, nous avions plus de 450.000 pages à lire! Nous avons lancé un appel, 20.000 lecteurs nous ont aidés à comprendre ce que cachaient tous ces chiffres!

Que va devenir le data journalisme?
Franchement? Je pense qu'on va tellement en faire usage, qu'on finira par simplement l'appeler du journalisme!

«Libérez les données!»

Au moment des émeutes, en Grande-Bretagne, certains arguaient qu'elles étaient initiées sur les réseaux sociaux. En croisant les statistiques des pics d'activité sur Facebook et Twitter et les horaires des affrontements, The Guardian a pu montrer qu'il n'en était rien. C'était un des exemples cités par Caroline Goulard, fondatrice de Dataveyes, lors de l'atelier sur le data journalisme organisé par l'Etalab. Et en France? Outre des problèmes d'effectifs dans les rédactions, «il faudrait libérer les données», estime Pierre Falga, journaliste en charge du data à L'Express. C'est justement ce à quoi travaille l'Etalab. Une mission gouvernementale qui, depuis février, coordonne l'ouverture et l'accessibilité des données publiques. En décembre, la plateforme data.gouv.fr devrait les mettre à disposition.