Engrenages: La petite française devenue grande

MEDIAS La série de Canal+ est vendue dans le monde entier. La quatrième saison est en tournage actuellement...

Charlotte Pudlowski

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Tournage de la saison 4 d'«Engrenages», le 25 octobre à Nanterre.
Tournage de la saison 4 d'«Engrenages», le 25 octobre à Nanterre. — Daniel Bardou / Son & Lumière / Canal+

«Maintenant sur Facebook, j’ai des amis polonais et japonais. Et des propositions de réalisateurs italiens pour tourner au cinéma!», s’enthousiasme Caroline Proust, qui incarne la commissaire Laure Berthaud dans Engrenages. «Et puis une nomination aux Emmy Awards, c’est la classe!» lance Fred Bianconi – l’agent Fromentin. Lancée en 2005, la série de Canal+, décrite comme «la série de l’Est parisien» par le producteur Vassili Clert, a conquis le monde. Elle a commencé par BBC4 en Angleterre, qui a battu des records d’audiences, «et maintenant plus de 70 pays l’ont achetée» explique Vassili Clert ravi. «Les Uruguayens sont fans!»

Pour Canal + «c’est très important en termes d’image», souligne Dominique Jubin, directrice adjointe de la fiction de la chaîne, «mais cela acte aussi la possibilité pour la fiction française en général de s’exporter à partir du moment où l’on fait de la qualité». Et ce n’est certainement pas une question de gros sous. «En France, nous ne faisons vraiment des séries que depuis dix ans, c’est très récent par rapport aux Etats-Unis. Il faut trouver les talents, les idées…» Pour Vassili Clert, c’est possible avec Canal+ à l’heure qu’il est, et cela le devient de plus en plus avec Arte. Avec un leitmotiv: «Ne surtout pas singer les Américains».

Fidélité

Car sur le papier, Engrenages avait tout d’une série franco-française. Location: l’Est parisien. Trame: les rouages de notre système judiciaire, avec ses spécificités. «Cela aurait dû être une machine pour nous couper du monde. Et pourtant c’est précisément ça qui plaît au monde entier», se félicite le producteur.

Du coup, sur le fond, on ne change rien. Sur le tournage mardi dernier, à Nanterre, on retrouvait fidèle à lui-même le groupe DPJ de Laure Berthaud, en chasse d’activistes de l’ultragauche. «Nous n’avons pas choisi des thèmes plus globaux ou écrit différemment parce que nous sommes devenus une série mondiale», préviennent les scénaristes Anne Langlois et Eric de Barahir. «Il se trouve que ces thèmes résonnent avec le mouvement des indignés en Europe, précise Anne Langlois. Mais, nous avons d’abord pris en compte le public français concerné par les questions abordées, l’extrême gauche, les expulsions d’immigrés, toutes les questions de société actuelles».

Les éléments cruciaux «ancrage parisien et réalisme» selon l’équipe, demeurent. Un tel réalisme même, que sur le bitume de Nanterre, le réalisateur Jean-Marc Brondolo doit rappeler dans le mégaphone «Ceci n’est pas une vraie manifestation, on fait du cinéma». Un figurant emporté par le jeu vient de mettre une vraie torgnolle à Fred Bianconi.