« une hiérarchie entre rwanda et tour de france »

recueilli par alice coffin

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Philippe Lefait, l'animateur.
Philippe Lefait, l'animateur. — BALTEL / SIPA

Philippe Lefait anime « Des mots de minuit » depuis 1999. L'émission culturelle et nocturne, elle, a 20 ans, 6 000 invités, et quelques changements de noms et d'animateurs au compteur (« Le Cercle de minuit » fut d'abord présenté par Michel Field, puis par Laure Adler).

La télé a-t-elle beaucoup changé en vingt ans ?
J'ai commencé comme journaliste et j'ai été présentateur du journal télévisé. A une époque, dans les années 1980 et 1990, où tout était concurrence et marquage à la culotte à outrance. Les technologies ont changé tout ça, puisque l'info est désormais accessible à tous, tout le temps. L'effet pervers, c'est qu'on est dans un syndrome consommatoire de l'info. Il n'y a plus de hiérarchie entre le génocide du Rwanda et une étape du Tour de France.
Et les émissions culturelles ?
Pareil. Désormais on n'en manque pas. Il y a une offre pléthorique. Mais on est dans le zapping. On passe d'un petit bout de livre à un film et on s'y perd
Comment luttez-vous contre cela ?
En offrant du temps et du silence à mes invités. Pour entendre la pensée s'élaborer.

Minuit, ça vous convient

comme horaire ?
S'il est respecté. Ce qui n'était pas le cas jusqu'à l'arrivée de Rémy Pflimlin. Là, je ressens une considération plus importante de ma direction. Mais pendant des années, je me suis demandé où était le respect du public.

gaÎté !

« Minuit sont plus belles que vos jours », l'émission anniversaire, ce soir, à minuit donc, convie à la Gaîté Lyrique pendant trois heures les présentateurs précédents de l'émission et une quarantaine d'invités (de Brigitte Fontaine à Cynthia Fleury).