Le CSA met en demeure iTélé, BFMTV, LCI, Europe 1 et France Inter

PRIMAIRES Certains médias ont trop donné la parole aux socialistes ces dernières semaines. Le CSA les met en garde...

Alice Coffin
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Martine Aubry et François Hollande ont confronté leurs idées lors du dernier débat télévisé des primaires socialistes, le 12 octobre 2011.
Martine Aubry et François Hollande ont confronté leurs idées lors du dernier débat télévisé des primaires socialistes, le 12 octobre 2011. — REUTERS/Patrick Kovarik/Pool

«Dexia, les soldats morts en Afghanistan, le crash du Rio Paris, l’affaire Murdoch…» Non, ceci n’est pas la réponse à un quiz sur l’actualité estivale. Mais quelques-uns des exemples égrenés par Christine Kelly, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour démontrer que les médias auraient pu parler d’autre chose que de l’affaire DSK ou des primaires, et surtout interroger d’autres politiques que ceux du PS entre le 1er juillet et le 1er octobre.

Ces dernières semaines, plusieurs élus de la majorité avaient protesté contre la forte présence médiatique des socialistes. Mais la majorité n’est pas la seule lésée. «Des partis, a ajouté Christine Kelly comme le Front de Gauche, le Front national, le NPA, EELV ont été rayés des antennes.» Un état de fait contraire aux principes de pluralisme politique et d’équilibre du temps de parole.

«Du jamais vu»

Celui de l’opposition doit, hors période électorale, être compris entre 50% et 100% de celui de la majorité. Or, pendant la période en question, iTélé a accordé au PS 46% du temps de parole, BFMTV 142%; LCI 130%, Europe 1 152% et France Inter 128%. «Des déséquilibres profonds, des chiffres jamais vus», a ajouté Christine Kelly. Du coup, le CSA a mise en demeure ces cinq médias.

«S’ils récidivent, ils seront sanctionnés», a expliqué Michel Boyon, le président du CSA. Chez Europe 1, on assure «être très respectueux du pluralisme politique, et qu’au prochain trimestre, l’équilibre sera rétabli». Pas suffisant pour certains. Présents ce mercredi au CSA, des représentants de l’Alliance écologique, de Lutte ouvrière ou du Front de gauche ont protesté, estimant notamment que «le mal est fait». Pourtant, a précisé Michel Boyon, il n’y aura «ni rattrapage, ni compensation, les compteurs sont remis à zéro au 1er octobre».