«La meilleure danse»: Marie-Agnès Gillot veut «démocratiser la danse»

MEDIAS W9 a lancé la semaine dernière un télécrochet sur la danse. La danseuse étoile Marie-Agnès Gillot fait partie du jury. Elle a répondu aux questions de 20Minutes...

Propos recueillis par Charlotte Pudlowski

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Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile à l'Opéra de Paris, juré de La Meilleure danse
Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile à l'Opéra de Paris, juré de La Meilleure danse — W9

Quand elle n’est pas en enregistrement de «La Meilleure Danse» pour W9, Marie-Agnès Gillot joue Phèdre au Palais Garnier, à Paris. Cet emploi du temps chargé n’inquiète pas la danseuse étoile, mue par la volonté de transmettre.


Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à «La Meilleure Danse»?
La bande qui m’a proposé le projet m’a plu. Ce sont des gens qui sont très à l’écoute des besoins techniques de la danse. Ce sont les mêmes que ceux qui font Top Chef pour la cuisine, et ils comprennent le professionnalisme, c’était important pour moi de faire une émission qui intègre ces impératifs, et ne nous fasse pas faire n’importe quoi. 

Mais pourquoi faire une émission de télécrochet quand on est danseuse étoile?
Pour démocratiser la danse! Tout est très cloisonné en France, dans tous les domaines. Dans la danse, cela se traduit par des murs entre les danses, le hip-hop, le classique, le modern-jazz… J’avais envie de faire tomber ces murs. 

Et de mieux faire connaître la danse au public?
Oui je pense que ce programme peut pousser les gens à aller voir de la danse, pas seulement à l’Opéra mais à faire en sorte que toutes les danses soient plus reconnues. Nous sommes des petites fourmis et j’ai l’impression que la société est plutôt cigale. Quand des danseurs présentent un spectacle sur scène, ils ont passé des mois à faire une recherche dans leur corps, une recherche de la perfection. C’est un autre rythme de vie. Et c’est quelque chose de très fragile, de très beau. J’ai envie que l’on découvre tout cela. 

Une danseuse étoile dans le jury, cela peut aussi donner envie d’aller voir du classique en dépit de son image élitiste?
Je crois, et surtout je ne pense pas que la danse soit spécialement élitiste en soi. Si les gens ne vont pas tellement à l’Opéra, c’est à cause des prix, mais aussi parce qu’ils n’en ont tout simplement jamais vu, donc ça ne leur vient pas à l’esprit. C’est pour ça aussi qu’il faut montrer la danse. 

Les audiences du premier épisode sont très bonnes. Sur TF1, Danse avec les Stars s’apprête à ouvrir sa deuxième saison. Comment expliquez-vous cet engouement pour la danse?
Cela fait deux ou trois ans que l’on sent cet intérêt du public pour la danse. Je ne sais pas exactement d’où il vient, mais je pense que la danse est une école hors norme, qui donne une très grande ouverture d’esprit. C’est un plaisir, mais cela demande un très grand travail et enseigne l’élégance du geste dans le travail. Ce sont des choses qui me ravissent.