«Modern Family», anatomie d'un succès

SERIES La sitcom d'ABC a triomphé lors des Emmy Awards, pour la deuxième année consécutive...

Charlotte Pudlowski

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L'équipe de «Modern Family» posant lors des Emmy Awards, le 18 septembre 2011, à Los Angeles.
L'équipe de «Modern Family» posant lors des Emmy Awards, le 18 septembre 2011, à Los Angeles. — Mark J. Terrill/AP/SIPA

Dimanche soir, aux Emmy Awards, «Modern Family» a remporté la récompense suprême, celle de meilleure série comique. Ce mockumentary –ou faux documentaire- raconte les turpitudes d'une famille recomposée et fait un carton aux Etats-Unis, où elle est diffusée depuis deux saisons. En France, elle passe actuellement sur Paris Première, mais M6 détient les droits et pourrait bientôt la diffuser sur sa chaîne mère.

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Minute chauvine: ce succès d’ABC est inspirée d’une série française: «Fais pas ci, fais pas ça». Mais si elle est une telle réussite outre-Atlantique, à la fois critique et d’audience, c’est qu’elle dit beaucoup sur la famille moderne dans les pays occidentaux. 

Un décor familier

Hollywood l’a bien compris: c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, et les sitcoms, plaçant les personnages dans un salon, décor familier, ont le mérite de parler à tout le monde. «Le style est très confortable, d’un milieu assez aisé, explique le designer du show, Richard Berg. Nous voulions faire en sorte qu’en regardant cette maison, elle soit instantanément reconnaissable.» Plusieurs meubles ont ainsi été choisis dans les supermarchés dans lesquels les Américains font habituellement leurs courses. Mais entre ces meubles-là, l’idée était de casser les codes traditionnels.

Une série de l’âge numérique

Aucune série télé ne place à ce point ses personnages devant des écrans. Pendant des années, il y a bien eu les séries dans lesquelles les personnages s’avachissaient devant leur téléviseur («Marié, deux enfants» notamment), mais «Modern Family» ne se limite pas au téléviseur. «Les personnages passent la moitié de leur temps absorbés par des écrans, à se jeter des coups d’œil les uns aux autres plus qu’à communiquer directement entre eux», écrivait ainsi le New York Times.

«Avant, on disait que les téléphones avaient tué les sitcoms, parce que plus personne ne se rend chez son voisin désormais», a ainsi expliqué Abraham Higginbotham, l’un des scénaristes de la série. «Vous n’avez plus à franchir le palier de Rachel et Ross puisque vous pouvez leur téléphoner. Nous, nous avons décidé d’embrasser la technologie, de l’intégrer à l’histoire.»

Une pointe de téléréalité

Autre élément de notre quotidien contemporain, «Modern Family» reprend des codes de téléréalité. Ce faux documentaire laisse les personnages parler face caméra, seuls, et donne l’impression de ces isoloirs (le «confessionnal» dans «Secret Story, en France) que l’on retrouve partout dans les émissions de téléréalité. Les personnages de la famille jettent parfois même des coups d’œil à la caméra en plein épisode.

Cependant, pour le producteur exécutif Christopher Lloyd, c’est surtout aux acteurs qu’il faut attribuer la réussite. «J’ai toujours pensé que le casting était la vraie raison du succès», a-t-il expliqué. Dimanche soir, outre l’Emmy de la meilleure comédie, «Modern Family» a remporté, par l’intermédiaire de Ty Burrell, l’Emmy du meilleur acteur de second rôle dans une série comique, et celui de meilleure actrice de second rôle dans une série comique, grâce à Julie Bowen.

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