Kyan Khojandi, comédien, auteur et réalisateur  francais, le 8 juin 2011. Photographie réalisée à l'occasion de la cinquième édition du  Festival «l'Humour en Capitales» qui s'est déroulé à Paris du 4 au 25  Juin 2011.
Kyan Khojandi, comédien, auteur et réalisateur francais, le 8 juin 2011. Photographie réalisée à l'occasion de la cinquième édition du Festival «l'Humour en Capitales» qui s'est déroulé à Paris du 4 au 25 Juin 2011. — BALTEL/SIPA

MEDIAS

«Bref», c'est chanmé

La nouvelle mini-série de Canal+, diffusée dans le Grand Journal, est un succès...

«Bref», c’est l’histoire d’un mec, qui s’appelle Kyan, qui fait du stand-up, et d’un autre qui s’appelle Navo, et qui écrit. Ils vont voir un producteur, Harry Tordjman, et disent «hé, on a une idée». Ils lui montrent un pitch: un mec qui drague une fille dans une soirée. Sauf que ce sera raconté dans une vidéo d’1 minute 40, avec une voix off, et que ce sera hyper drôle. Le producteur dit «chanmé, on le fait». Bref, ça donne ça. 

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Bref du 29/08/11 - Bref, j'ai dragué cette fille


La petite bête qui monte qui monte…

«Ensuite, Harry Tordjman [le producteur, My Box Productions] est allé voir Canal+, parce qu’il les connaissait, et Canal a dit “chanmé on le fait”», raconte Kyan. [20Minutes: «Ah bon, à Canal+ aussi ils parlent comme ça?» Lui: «Non, je romance un peu, mais ils ont trouvé ça chanmé quand même. Et on l’a fait.»] Le programme s’est retrouvé dans le Grand Journal, et s’est immédiatement imposé.

En moins d’une semaine, ce nouveau programme est devenu un succès, à la fois à l’antenne, mais surtout sur les réseaux sociaux. Le teaser recueille un peu plus de 300 likes sur la page Facebook. La première vidéo en est à plus de 1.600, la deuxième à 1.700; la troisième à dépassé les 3.000. Lundi 5 septembre, une semaine après le lancement, la page Facebook était à 50.000 abonnés. Dès le mardi, elle avait dépassé les 60.000. Avec des commentaires comme: «C'est énorme cette série, je surkiffe, continuez c'est que du bonheur!» ou «Ça faisait longtemps que Canal+ avait pas sorti un truc vraiment drôle.»

Culture Web

«On est très impressionnés par ce qui est en train de se passer», souffle Kyan (Khojandi pour le nom de famille). Lui et son co-réalisateur et co-scénariste, Bruno Muschio, alias Navo, auteur pour le Jamel Comedy Club, ne «s’y attendaient pas». «Déjà, être sur Canal, c’était fou, mais là!» «Moi, ça me paraissait nouveau et innovant dans la forme, explique le producteur Harry Tordjman. Il y a une cohérence globale du projet, dans le titre, le rythme, l’écriture. Tout est instantané aujourd’hui et ça me paraissait coller avec nos manières de consommer les médias, et la vie en général.»

Surtout, la série colle à Internet, avec sa page Facebook dédiée, son format ultra-court. «C’était important que ça se consomme aussi bien sur le Web qu’à la télé, juge Harry Tordjman. Nous on a même pas trente ans, on est des enfants du Web». D’ailleurs, ni l’un ni l’autre n’a la télévision chez lui. «Et sur le Web, quand on voit un truc qui nous saoule, on zappe d'emblée.»

Humour

Mais là, hors de question de zapper. La poignée d’épisodes diffusés jusque-là traitent de sujets dans lesquels tous les 20-30 ans peuvent se reconnaître. La drague, la procrastination, la recherche d’emploi… Ce qui permet le décalage et l’efficacité, c’est notamment la voix off –inspirée, selon Kyan, de Fight Club. «Nos sources d’inspiration, c’est le cinéma, de Klapisch à Fincher.» Les stand-up et séries américaines aussi (How I met your mother).

«On voulait parler de choses intemporelles, explique Kyan. On n’est pas très politiques comme garçons, c’est plus sociétal. On parle des gens chiants, des gens sympas. On peut avoir l’introspection et le côté social, grâce à la briéveté.» Bref: c’est chanmé.