La télévision envisage une fiction sur l'affaire DSK

ADAPTATION Les scénaristes planchent déjà sur l'affaire Strauss-Kahn...

alice coffin

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Au tribunal, le 1er juillet dernier.
Au tribunal, le 1er juillet dernier. — SIPA USA/SIPA

L'Apple Daily, un média taïwanais, n'a pas hésité. Au lendemain de l'inculpation de Dominique Strauss Kahn pour agression sexuelle, il mettait en scène, sous forme de manga, une version de ce qui était peut-être arrivé dans la suite du Sofitel.

«La réalité dépasse la fiction»

Depuis, six semaines ont passé, et les suites de l'affaire DSK n'en finissent pas d'en faire une « matière à fictions », estime la scénariste Virginie Brac. «Certains sont déjà dessus et je le serais moi-même si je n'étais pas aussi occupée par la saison 4 d'“Engrenages”, poursuit-elle. En voyant les images de DSK, on avait l'impression de voir un film, une série américaine qu'on aurait déjà vus cent fois. Comme toujours la réalité dépasse la fiction.»

Ce qui est problématique, aux yeux de Michel Taubmann, auteur du Roman vrai de Dominique Strauss Kahn (Editions du Moment) : « Que les Américains en fassent un film, oui, mais pour les Français c'est trop ! Cette histoire est très américaine, c'est “24 heures”, c'est “A la Maison blanche”», des séries où le président peut être pris en otage pour les terroristes. En France, on n'y croirait pas, c'est too much ! »

« Que le complot émerge »

Fabrice de la Patellière, directeur de la fiction chez Canal+, estime, lui, « qu'on attendra quelques années avant une mise en fiction. Ou alors il faudrait qu'on sorte de l'histoire de mœurs, qu'une histoire de complot émerge pour entrer dans la fiction politique. » C'est justement « parce qu'elle permet d'aller au-delà du fait divers » que l'affaire intéresse Virginie Brac. « Il va y avoir plein de projets sur DSK, il y a une multitude de ramifications. J'aimerais, moi, montrer ce que cela a révélé de notre société, des mentalités. » Le film n'aura alors rien d'une joyeuse comédie.