« on surestime les médias »

Alice coffin

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Marine Le Pen est la première invitée de cette nouvelle émission.
Marine Le Pen est la première invitée de cette nouvelle émission. — J. KNAUB / FTV

Une nouvelle émission politique du service public, c'est toujours un peu l'événement. Surtout à un an d'une élection présidentielle. Surtout, qu'on le regrette ou pas, lorsque la première invitée s'appelle Marine Le Pen. Analyse en trois points par David Pujadas, le présentateur.

Concept et inspirations
Tout serait dans le titre, à entendre Pujadas. « Des paroles et des actes. » « C'est une promesse. On ne va pas, contrairement à trop d' émissions, parler, parler, parler. On diffusera beaucoup d'images, de séquences, de faits, qui seront révélateurs de la personnalité de l'invité. » Tiens, tiens, ce serait pas un peu « Petit journal » ça ? « Ils font ça très bien. Je le faisais aussi à LCI, on décortiquait les images. Cela offre un côté ludique tout en étant riche d'enseignements. » Le tout sera centré sur une personnalité, « de préférence tous les présidentiables ». Un petit côté « Heure de vérité » ? « C'est dans la famille d'émissions type “Cent minutes pour convaincre”, centrées sur l'invité. » Qui sera confronté à un adversaire (ce soir, Cécile Duflot) et deux observateurs (ce soir, Laurent Joffrin et Caroline Fourest).

FN et remous
Marine Le Pen pour ouvrir le bal, pas une bonne idée pour la CGT de France Télé. « Pour une première, chercher à faire un coup médiatique est dangereux pour la démocratie et indigne d'un service public », a dénoncé le syndicat. « Que ça plaise ou pas, l'actu des derniers mois, c'est l'irruption de Marine Le Pen parmi les trois favoris du 2e tour », rétorque Pujadas. Quant à l'accusation de donner une vitrine au FN, c'est « toujours ce vieux débat. En 2002, plus personne ne parlait au FN et il est arrivé au 2e tour. On surestime le pouvoir des médias. Avec le FN, il ne faut pas appliquer une méthode différente. Mais faire du journalisme, pas du militantisme avec une indignation à deux balles ».

Info et présidentielle
Ceinture sur les politiques. « Ils ne seront plus reçus que dans les émissions d'info, car on se marchait trop dessus avec les émissions culturelles, note Pujadas. Autre évolution, la présentation du magazine « Les Infiltrés ». « Ce n'est pas encore sûr, mais je serai peut-être remplacé pour me concentrer sur le 20 h et cette nouvelle émission. » Car boulot il y aura, même si « la campagne 2 012 devrait être plus modeste que la campagne 2 007. Elle avait suscité de grands espoirs grâce à l'émergence de deux candidats charismatiques, d'où le fort taux de participation. Là, je pense qu'on abordera des choses plus concrètes, de manière moins radicalement nouvelle ».