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plus Loin, plus proche

Docus Le monde et la France, sous l'œil d'un grand reporter

Sur son Facebook, une citation de Shakespeare : « I must be gone and live or stay and die. » (« Je dois partir et vivre, ou rester et mourir. ») Pourtant, Manon Loizeau, Prix Albert Londres 2006 pour La Malédiction de naître fille en Asie, a tourné pour la première fois un documentaire en France : L'Immigration aux frontières du droit (ce soir à 20 h 50) sur Canal +.
Elle qui s'est intéressée aux sorts des exclus ou réfugiés dans « des endroits éloignés et difficiles d'accès » souhaitait voir « la manière dont la France les accueille ». C'était aussi pour elle un moyen de « lever le pied sur la Russie », pays auquel elle a consacré plusieurs années et de nombreux documentaires, notamment sur la guerre de Tchétchénie. « On me disait d'arrêter : tu vas finir comme Anna Politkovskaïa », la journaliste russe assassinée en 2006. Autre régime autoritaire, autres méthodes. C'est « en faisant passer des caméras en clandestin » aux opposants iraniens qu'elle parvient à réaliser Chroniques d'un Iran interdit, qui sera diffusé sur Arte (le 14 juin à 20 h 40).

Histoires humaines
Elle se décourage parfois. « On sait qu'on ne change pas le monde. Mais on peut transmettre et faire porter des voix. Si une dizaine de personnes les entendent, c'est déjà bien. » Dans L'Immigration aux frontières du droit, Manon Loizeau se fait l'écho de familles d'origine immigrée que les lois veulent séparer. Le grand reporter accompagne la mobilisation d'élèves et de leurs parents révoltés par ces injustices. En se méfiant de l'écueil du film à charge. « C'était très important qu'il y ait la parole de l'Etat. » Eric Besson, alors ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, lui a répondu au cas par cas. « Ce n'est pas un film militant, insiste-t-elle. Je voulais raconter trois histoires humaines, je n'apporte pas de solution. On est juste touchés et en empathie. »