Interdiction de mentionner Facebook ou Twitter: les précisions du CSA

MEDIAS Les réseaux sociaux ont désormais le même statut qu'une marque et ne peuvent plus être mentionnés à l'antenne, y compris dans des reportages...

C.P.

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Page Facebook de France 2, le 30 mai 2011
Page Facebook de France 2, le 30 mai 2011 — DR.

UPDATE: Le CSA a publié le 6 juin sur son site la lettre envoyée aux chaînes quant à la pratique consistant à renvoyer le téléspectateur ou l'auditeur vers leurs pages Facebook et Twitter: vous pouvez la lire ici.

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel avait prévenu vendredi: citer Twitter ou Facebook à l’antenne revient à leur faire de la publicité clandestine. Mais un mail ayant circulé au sein des rédactions de France Télévisions, dévoilé par Ozap, donne des précisions…

Quand peut-on prononcer les mots Facebook et Twitter?
Jamais. «A la suite des dernières injonctions du CSA concernant Twitter et Facebook, la direction de l'antenne demande à nos émissions de ne plus renvoyer et/ou mentionner à l'antenne ces deux marques, ni dans les sujets, ni sur les plateaux et de ne pas renvoyer également sur les pages Twitter ou Facebook des émissions», peut-on d’abord lire dans le mail adressé aux rédactions des chaines publiques.

Par quoi faut-il les remplacer?
Par l’expression réseaux sociaux. Ce qui donne non pas «suivez-nous sur Twitter» ou «devenez fan de notre page Facebook» mais «trouvez-nous sur les réseaux sociaux» ou «allez sur notre site». Sous-entendu, sur lequel vous pourrez trouver nos pages Facebook et Twitter.

Mais pourquoi font-ils ça?
Le CSA a pris cette décision en vertu d’une loi datant de 1992, qui explique notamment que «constitue une publicité clandestine la présentation verbale ou visuelle de marchandises, de services, du nom, de la marque ou des activités d'un producteur de marchandises ou d'un prestataire de services dans des programmes, lorsque cette présentation est faite dans un but publicitaire». Le CSA estime que renvoyer vers le site de la chaîne ou de l’émission, sur lequel les pages des réseaux seront trouvables, est suffisant. «Il faut bien comprendre qu'un business s'organise autour des réseaux sociaux destinés à capter des flux publicitaires», a expliqué au Point Christine Kelly, conseillère en charge de la publicité au CSA. «Ce sont des milliards de capitalisations boursières qui sont en jeu. On ne peut pas privilégier un réseau par rapport à un autre, car cela reviendrait à évincer la concurrence».

Où est l’ambigüité?
Facebook et Twitter ne sont pas seulement des marques comme Coca ou Pepsi mais aussi parfois des sources pour les journalistes, des médias participatifs. Comment dire à l’antenne, «telle info publiée sur biiiiiiip»? Il s’agit soit de citer le réseau en question et d’aller à l’encontre de la décision du CSA, soit de ne pas les citer, et de priver les téléspectateurs d’une information. S’il s’agit effectivement de Twitter ou Facebook, il y a fort à parier que les téléspectateurs trouveront d’eux-mêmes la provenance de l’information. Mais si celle-ci provient d’un réseau social plus confidentiel, par exemple d’Orkut, il n’est pas dit que ce soit si simple.