DSK inculpé pour agression sexuelle: «Cette affaire a tout du best-seller médiatique!»

MÉDIAS rois questions à Virginie Spies, sémiologue des médias, maître de conférences et bloggueuse, sur l'arrestation du socialiste...

Propos recueilli par Anne Kerloc'h

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Le gouvernement va reporter d'un an l'augmentation des tarifs postaux pour la presse et doubler la part de ses dépenses de communication destinées aux journaux face à la crise, a annoncé vendredi Nicolas Sarkozy en clôturant les états généraux de la presse.
Le gouvernement va reporter d'un an l'augmentation des tarifs postaux pour la presse et doubler la part de ses dépenses de communication destinées aux journaux face à la crise, a annoncé vendredi Nicolas Sarkozy en clôturant les états généraux de la presse. — Hocine Zaourar AFP/Archives

La sémiologue Virginie Spies, bloggueuse et très présente sur Twitter, décrypte le traitement de l'affaire DSK par les médias.

Depuis la nuit de samedi à ce dimanche, où l’information sur DSK a été abondamment relayée sur Twitter, radio, télés et sites Internet traitent l’affaire avec des «lives», en continu. Quel est votre regard sur ce phénomène?
Il y a la tyrannie du temps réel, l’exigence du public qui a accès aux réseaux sociaux, à Internet et a besoin d’avoir immédiatement si l’info est vraie, quels sont les détails. La concurrence entre les médias, très forte, renforce le phénomène. Se rajoute ce que le sociologue Bourdieu appelle la circulation circulaire de l’info. En gros, on a parle parce qu’on en parle. Le fait de répéter l’info de l’autre lui donne une crédibilité, un poids, comme si cela l’authentifiait. Ça tourne comme une toupie!

Ce type de dispositif, avec lives, spéciales, info en continu a été utilisé dans des sujets lourds: le 11 septembre, le Tsunami au Japon, la mort de Ben Laden. Pourquoi aussi sur cette affaire?
Parce qu’elle a tout du best seller médiatique! Du pouvoir, de l’argent, du sexe, de la politique, du trash, du people... Depuis des mois, DSK fait la une des médias. On attend sa déclaration de candidature, on scrute sa vie privée, on parle de sa Porsche. En plus, c’est quelqu’un d’apparence assez mystérieuse, ce qui renforce la curiosité.

Le fait qu’il soit aussi directeur général du FMI donne une dimension internationale à l’événement?
Complètement. Ce qui a permis de lancer et d’alimenter le buzz, c’est la presse américaine et le regard américain, décalé par rapport au regard français, sur le sujet. C’est ce qui l’a fait buzzer toute la nuit de samedi à dimanche et c’est un des ingrédients qui va faire durer médiatiquement l’affaire.