la radio des jeunes marocains a cinq ans

Alice coffin

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Younès Boumehdi a créé Hit Radio en 2006.
Younès Boumehdi a créé Hit Radio en 2006. — DR

Parmi les mesures phares, rappelées à l'envi pour célébrer l'arrivée de la gauche au pouvoir, en 1981, la libéralisation des ondes a été beaucoup citée. En France, les radios libres ont donc 30 ans. Au Maroc, un peu moins. Il a fallu attendre 2006. Cette année-là, comme onze autres fréquences, Hit Radio a été créée. « Je réfléchissais au projet depuis que j'étais ado, explique Younès Boumehdi, le fondateur, de passage en France. Je rêvais d'un truc entre NRJ et Skyrock. » A force de démarches administratives et politiques, il obtient gain de cause. Et tient ses promesses d'ado frondeur. «  On a cassé tous les codes, diffusé du rap, consacré quatre heures à la libre antenne », poursuit-il. Des nouveautés attendues, puisque la radio compte plus de 600 000 auditeurs quotidiens. Et a donc de l'influence.

« Mini-révolution »
« Hit Radio n'a pas attendu le récent mouvement de contestation pour tenter de faire bouger les lignes de la liberté d'expression, note Mehdi Meddeb, correspondant français au Maroc. La libre antenne a été une mini-révolution. D'ailleurs, la radio l'a payé en étant plusieurs fois sanctionnée. » Hit Radio est du reste « engagée politiquement, affirme Younès Boumehdi. On encourage les jeunes à aller voter car ils sont assez dépolitisés, et on a accompagné le printemps arabe. » Avec un site dédié, generationlibre.ma.

Printemps arabe
« L'exemple de cette radio est unique dans le monde arabe, souligne Amirouche Laïdi, le président du club Averroes, qui œuvre pour la diversité dans les médias français et connaît bien Younès Boumehdi. Dans les autres pays, ce sont les médias étrangers qui sont écoutés, du coup. Le printemps arabe pourrait changer la donne. »