Stanley Weber sur le tournage des Borgia à Prague, en avril 2011
Stanley Weber sur le tournage des Borgia à Prague, en avril 2011 — © Anouchka de Williencourt / Canal+

INTERVIEW

Stanley Weber: «Quand j'ai lu les premières scènes, je me suis dit que mon personnage était taré»

L'acteur français est à l'affiche de la prochaine grande série de Canal+, «Borgia». «20 Minutes» l'a rencontré à Prague, sur le tournage...

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans «Les Borgia»?

Travailler avec Tom Fontana, faire une série internationale... Et mon personnage, Jean Borgia. Quand j’ai lu les premières scènes, je me suis dit qu'il était taré: très grande gueule, impulsif, il couche avec beaucoup de filles, il est grisé par son âge et son pouvoir. Ce qui est intéressant, c’est qu’il évolue beaucoup. Il prend en intensité, jusqu’à l’épisode 7 ou 8, et puis il perd une bataille et c’est la dégringolade… Les séries permettent de travailler un personnage ainsi sur le long terme.

Quelles ont été les difficultés de travailler sur un projet international qui comprend 18 nationalités, et en anglais?

Le casting international n'a pas été une difficulté mais une richesse: chacun apporte ses spécificités, ça fait un tournage plus riche. 

Pour ce qui est de l’anglais, la difficulté était d’être assez à l’aise pour ne pas penser à bien dire le texte, mais de pouvoir s'en dégager. J'ai passé un an à Londres, à la Lamda (académie britannique), et j'avais décortiqué mon texte à Paris avant le tournage, avec une coach. Mais avant mes scènes, je fais des échauffements de bouche, des exercices.

Ce qui est bizarre, c’est que dans une langue étrangère, un complexe s’efface, il y a une distance qui rend parfois les choses plus faciles.

Outre l’anglais, vous avez travaillé en amont?

Je suis allé... sur Wikipédia. Et puis j’avais acheté trois bouquins que je n’ai jamais vraiment lus. Quand j’ai rencontré Tom, je me suis rendu compte qu’il était une source d’information beaucoup plus précieuse que tout ce que je pourrais lire. Tout ce que j'ai fait, c'est découper les scripts et les coller dans un cahier, que je trimbale toujours avec moi. J'y ai ajouté des photos qui me permettent de m'imprégner du texte, des titres de chanson qui m'inspirent, comme les bandes-son de Requiem for a dream, ou la bande-son du Nouveau Monde de Terrence Malick.

Vous connaissez maintenant séries, cinéma, théâtre... Vous voulez aller vers quelle forme?

La forme ne compte pas. Chaque épisode de série est comme un film différent, avec les moyens et presque le temps d’un film. Je n’ai pas envie de laisser l’un pour l’autre, et je veux surtout pouvoir revenir toujours au théâtre, qui s’impose comme une nécessité pour moi.