Eric Scherer: «La télé connectée est une opportunité pour rajeunir son audience»

INTERVIEW Directeur de la prospective chez France Télévisions, Eric Scherer nous dévoile les tendances de la télé connectée...

Propos recueillis par Sandrine Cochard
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Eric Scherer est un homme de tendance. Déjà à l’affût des nouveautés impulsées par le numérique lorsqu’il était en poste au MédiaLab de l’AFP, le tout nouveau directeur de la prospective, de la stratégie et des relations internationales de France Télévisions se plonge désormais dans le chantier déjà bien avancé de la télé connectée. Interview.

Quelles opportunités représente la télé connectée pour les chaînes?
 
Cela va leur permettre de proposer de nouveaux services, des contenus enrichis, d’établir un lien plus fort avec leur public et de rajeunir leur audience. Ce dernier point est un enjeu important pour un groupe comme France Télévisions dont l’âge des téléspectateurs est plutôt élevé.
 
Et pour les consommateurs?
 
C’est l’accès à une télévision de qualité et à la demande qu’ils pourront en plus partager en direct, en commentant les émissions par exemple. Il ne faut pas oublier que la télévision reste un écran de partage que l’on regarde en famille.
 
Quels sont les freins au développement de la télévision connectée?
 
Le premier est la compréhension de ce nouvel écran. Chez France Télévisions, nous avons formé des salariés de la Fnac car la démonstration produit est primordiale pour ce type d’achat. La pluralité des acteurs a également tendance à brouiller la compréhension, tout le monde arrive soudain avec son propre magasin d’applications.
 
A quels nouveaux contenus devons-nous nous attendre?
 
Selon l’Idate, ce sera la VOD. Il y a aussi beaucoup à faire en matière d’infos pratiques comme la météo. Le sport se prête aussi bien à la télé connectée. Pour la prochaine édition de Roland-Garros, nous travaillons sur les infos complémentaires comme les statistiques d’un match ou la possibilité de suivre la compétition en multiplexe. On ne sait pas encore si tous les programmes des chaînes du groupe seront concernés. Nous sommes encore dans une phase de test. Nous allons d’ailleurs lancer une expérimentation à Auxerre dans les prochains jours.