M6 veut créer deux chaînes gratuites

MEDIA C'est son président du directoire, Nicolas de Tavernost, qui l'affirme...

S. C.

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F.STEVENS/SIPA

M6 réfléchit à donner des petites sœurs à W9, sa chaîne dédiée au divertissement lancée en 1998 sur la TNT. Dans une interview publiée mercredi dans Les Echos, le président du directoire du groupe M6, Nicolas de Tavernost, confirme avoir deux projets de nouvelles chaînes sous le coude.

M6 Famille ressort des cartons

«Nous avons en projet deux chaînes gratuites. L'une sera généraliste plutôt féminine, appelée à être dans le Top 3 des chaînes de la TNT. Nous chercherons à réitérer de façon très volontariste le succès de W9, détaille Nicolas de Tavernost. La deuxième sera un projet que nous avions déjà présenté en 2005: M6 Famille. C'est un projet fédérateur destiné à offrir des programmes de cinéma, de fictions et de magazines à un public familial.»

«Nous sommes prêts à démarrer dès le 1er décembre 2011, si nous en avons les autorisations», ajoute Nicolas de Tavernost qui précise que la première chaîne devrait avoir un budget de 100 millions d’euros (comparable à celui de W9) et la seconde, d’environ 50 millions d’euros.

Canal + aussi

Cette annonce intervient après celle de Canal + d'un projet de chaîne généraliste gratuite et soulève la question de la viabilité de ces nouveaux canaux. «Actuellement, le marché de la télévision en clair ne peut pas accepter sans dégâts, cinq ou six chaînes de plus du fait d'une concurrence accrue sur les audiences, car la consommation de télévision n'est pas élastique», selon le président du directoire de M6, ajoutant que cela entraînerait une baisse des écrans publicitaires et une surenchère dans les coûts d'approvisionnement en programmes. «Diffuser un film coûte aujourd'hui déjà dix fois plus cher qu'au lancement de la TNT. Il va donc y avoir des accidents et des dégâts collatéraux sur la route», prophétise-t-il.

Si Canal+ est autorisé à lancer sa chaîne en clair, Nicolas de Tavernost demande que le taux de TVA imposé aux chaînes de télévision gratuite (19,6%) soit aligné sur celui de la télévision payante (5,5%).  «Si nous faisons la même course sur le marché de la TV gratuite, nous ne nous laisserons pas doubler par des voitures roulant avec de l'essence détaxée», assure-t-il.