Les lecteurs invités à financer les sites d'information

INTERNET Lancé lundi par Rue89 (entre autres), Jaimelinfo.fr veut s'appuyer sur les dons des internautes pour financer des articles...

Alice Coffin

— 

En matière de journalisme, la traduction du terme anglo-saxon « crowdfunding » serait « J'aime l'info ». Le crowdfunding – littéralement « financement par la foule » – permet à des particuliers et plus précisément des internautes, puisque cette pratique s'est développée sur le Web, de soutenir, grâce à un don, un projet associatif, artistique, militant. Ou, donc, journalistique.

>> Musique, littérature, cinéma, stylisme, humanitaire... Lire notre article sur les différents sites faisant appel au crowdfunding.

Aux Etats-Unis, différents sites, dont Spot.us, fondé sur le crowdfunding, proposent ainsi aux lecteurs de participer à des projets d'articles, de reportages, lancés par des journalistes indépendants. Depuis hier, la plateforme Jaimelinfo.fr invite, elle, les internautes à financer les projets de quelque 80 sites ou blogs d'info. Créée à l'initiative de Rue 89, elle fédère aussi Mediapart, Arrêt sur Images et une multitude de leurs confrères un peu moins connus.
« On expérimente, explique Laurent Mauriac, cofondateur de Rue 89 et président de l'association J'aime l'info. On voulait surtout répondre à une demande des lecteurs. » Qui pourront contribuer au projet de leur choix, moyennant un apport minimum de 3 €. Et aider par exemple Yagg.com à travailler sur « Un regard gay sur le Festival de Cannes 2 011 », ou Les nouvellesnews.fr, site qui promeut la place des femmes dans l'information, à réaliser un diaporama hebdomadaire. « La presse en ligne cherche encore son modèle économique, explique Isabelle Germain, fondatrice de lesnouvellesnews.fr et membre du Spil (Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne). Comme les patrons de presse écrite ont une conception malthusienne de l'économie de la presse et ne laissent pas d'autres acteurs en profiter, les sites d'info doivent être inventifs. Jaimelinfo est une piste, et on continuera à en explorer d'autres!»