Libye: Une photo pour des dizaines de journaux

DÉCRYPTAGE n cliché sur la Libye a fait la une, lundi, de tous les quotidiens internationaux...

Alice Coffin

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La même photo a fait la une des quotidiens français, lundi 21 mars 2011. 
La même photo a fait la une des quotidiens français, lundi 21 mars 2011.  — C. VOISIN / 20MINUTES

Pour le Washington Post et le New York Times, ainsi que beaucoup d'autres journaux, lundi, elle s'imposait. Elle, c'est la photo signée Goran Tomasevic, de l'agence de presse Reuters, qui montre une frappe aérienne près de Benghazi.

«C'est assez fréquent qu'une photo d'un événement international s'impose», note Dimitri Beck, le rédacteur en chef du magazine de photojournalisme Polka Magazine. Récemment, le cliché d'une femme japonaise perdue dans les décombres a, lui aussi, fait toutes les unes. «Parce que cette image incarne le malheur de tout un peuple, poursuit-il. Pour la photo de la Libye, cela répond plus aux impératifs de la presse quotidienne, qui doit faire son choix très vite», indique-t-il encore.

Un coup, pas un hasard

Or, «il y avait très peu de choix», explique Sophie Laurent-Lefèvre, directrice artistique des Echos. Et les journaux sont abonnés aux mêmes agences, donc, normal qu'on ait une photo semblable. Mais on ne l'a pas cadrée pareil selon le titre choisi. On parle de “feu” donc on a zoomé sur les flammes», note-t-elle.

Au-delà du peu de choix, «la photo est très bonne, souligne Stéphane Corréa, chef du service photo du Figaro. Goran Tomasevic est un excellent photographe qui a également couvert la Tunisie et l'Egypte». C'est aussi l'auteur de la statue déboulonnée de Saddam. «C'était sûr qu'avec tout son travail sur le terrain arabe, Goran allait sortir LA photo, confirme Ayperi Ecer, vice-présidente photos de Reuters. Un coup comme ça demande d'avoir cerné son sujet.»

«Comme ça», c'est-à-dire «qui colle à l'actu, note Franck Lodi, chef du service photo de 20 Minutes. L'idéal aurait été un avion français qui tire sur des pro-Kadhafi devant des rebelles en joie, mais ça, ça n'arrive pas!»