Etats-Unis: la migration vers l'Internet s'accélère pour la presse

MEDIAS Pour la première fois en 2010, le nombre de lecteurs et les revenus publicitaires de la presse en ligne détrônent ceux de la presse écrite…

S. C. avec Reuters

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Une personne consulte sa timeline Twitter sur un ordinateur portable.
Une personne consulte sa timeline Twitter sur un ordinateur portable. — M. ANZUONI / REUTERS

Le nombre de lecteurs de la presse en ligne sur Internet a dépassé l'année dernière, pour la première fois aux Etats-Unis, ceux des journaux imprimés. Les revenus tirés de la publicité en ligne devraient même être supérieurs à ceux de la presse imprimée, selon le dernier rapport sur l'état de la presse réalisé par le Pew Research Center's Project for Excellence in Journalism (Projet pour l'excellence du journalisme du Centre de recherches Pew), rapporté lundi par Reuters.

Revenus divisés par deux

Quelque 46% des Américains interrogés par l'étude disent s'informer au moins trois fois par semaine sur Internet, contre 40% qui lisent les journaux sur papier et sur leur site. «La migration vers l'Internet s'accélère, a déclaré Tom Rosenstiel, directeur du Projet pour l'excellence du journalisme. L'adoption rapide des tablettes et la généralisation des smartphones ne font qu'accroître cette tendance». Une migration qui s’était déjà fait sentir, en 2010, lorsque le Web est devenu la principale source d'info des 18-29 ans aux Etats-Unis.

Selon les constats les plus récents, les journaux n'ont pas seulement souffert du ralentissement économique quand les annonceurs ont cessé leurs dépenses, mais également de la migration du lectorat vers l'information en ligne, les annonceurs lui ayant aussitôt emboîté le pas.

Des groupes de presse comme Gannett (qui détient le USA Today et The New York Times) et McClatchy (notamment propriétaire du Miami Herald), doivent encore composer avec une chute de leurs revenus publicitaires tandis que d'autres médias, comme la télévision, profitent d'un rebond. Le rapport indique que les revenus publicitaires des journaux ont chuté en 2010 de 46% sur quatre ans. Ils ne représentent plus, selon une estimation, que 22,8 milliards de dollars.

La publicité sur l'Internet a, elle, atteint 25,8 milliards de dollars en 2010, selon le rapport qui cite des chiffres fournis par eMarketer. «Le défi pour ces groupes de presse est que beaucoup de ces dépenses publicitaires sur l'Internet, 48%, sont consacrées aux moteurs de recherche, et une petite partie à l'information», lit-on dans le rapport. La perte de revenus publicitaires a eu pour conséquence une réduction drastique des effectifs dans les rédactions, actuellement  inférieurs de 30% à ceux de 2000, selon l'étude.

5 dollars par mois

Pour pallier la perte de revenus tirés de la publicité et la baisse du lectorat sur papier, les journaux choisissent de plus en plus de rendre payant l'accès à leur contenu en ligne. S'ils sont une trentaine de journaux à avoir choisi un modèle payant, seul 1% des utilisateurs ont choisi de payer.

Quelque 23% des Américains ayant participé à l'étude ont déclaré être prêts à payer 5 dollars par mois pour une version internet de leur journal local si celui-ci venait à disparaître dans sa version papier.