L'annulation de l'interview de Marine Le Pen sur Radio J fait des vagues

MEDIAS Radio J, radio privée juive, a annulé l'invitation de la présidente du Front national à la suite des protestations de la part de la communauté juive...

Charlotte Pudlowski

— 

Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse le 7 mars 2011
Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse le 7 mars 2011 — HALEY/SIPA

Radio J a finalement annulé l’intervention de la présidente du FN qui devait être invitée d’une émission politique, pendant 40 minutes, sur la station. «Avec le directeur de Radio J, Serge Hajdenberg, nous avons considéré que la pression était trop forte», a expliqué Frédéric Haziza, chef du service politique, à Libération.fr. «Qu’il y ait eu des interrogations, une certaine indignation, je peux le comprendre. Je ne comptais pas donner une tribune à Marine Le Pen, je voulais faire mon travail de journaliste, cela se termine comme ça. Cette invitation prenait des proportions trop importantes.»

«Nos amis juifs n’ont rien à craindre du Front national»

«Ce sont des méthodes inadmissibles», a commenté Marine Le Pen sur i-Télé. «Les fascistes ne sont pas où on le pense. On veut m’empêcher de parler à nos compatriotes juifs et de leur dire que le FN n’est pas le parti antisémite, raciste et xénophobe que l’on veut dire, nos amis juifs n’ont rien à craindre du Front national.»

A l’UEJF (Union des étudiants juifs de France), qui faisait partie des associations juives s’opposant à cette invitation, la présidente Arielle Schwab explique à 20minutes.fr: «Je considérais que cette invitation était plutôt mal venue de la part d’une radio de la communauté juive car elle pouvait faire croire à une certaine complaisance l’égard de Marine Le Pen, et s’intégrait à une stratégie de réhabilitation du FN, qui pourrait alors séduire des électeurs juifs. Mais il ne s’agissait pas de faire pression, plutôt d’exprimer notre inquiétude. Et je trouve rassurant que la communauté juive se soit largement mobilisée.» Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) ou le Crif se sont ainsi exprimés.

La présidente du Front national, fidèle à la stratégie longtemps utilisée par son père, s’est émue de ce que l’on veuille faire taire son parti. «Marine Le Pen est la personnalité médiatique la plus visible en ce moment», remarque Arielle Schwab. Les accusations de censure qu’utilisait son père son plutôt comiques lorsqu’elle les utilise.»

>> En raison de débordements systématiques sur ce type de sujets, cet article est fermé aux commentaires. Merci de votre compréhension.