L'AEF va devoir rendre des comptes à Matignon

MEDIA L'Inspection générale des finances a été saisie du dossier pour comprendre les demandes répétées de financement de l'Audiovisuel extérieur de la France...

S. C.

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Alain Pouzilhac et Christine Ockrent, lors d'une conférence de presse de RFI, à Paris, le 17 novembre 2010
Alain Pouzilhac et Christine Ockrent, lors d'une conférence de presse de RFI, à Paris, le 17 novembre 2010 — MEIGNEUX / SIPA

La tourmente continue pour l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF). Après le scandale du piratage informatique de ses dirigeants, la  holding qui chapeaute France 24, RFI et TV5 est désormais dans le viseur de Matignon. Selon une information révélée par Lepoint.fr, le Premier ministre François Fillon a écrit à Alain de Pouzilhac, le président de l’AEF, pour l'avertir d'une enquête de l'Inspection générale des finances. Objectif: comprendre les demandes répétées de financement supplémentaire de l’AEF.

Dans le courrier de Matignon que s'est procuré lepoint.fr, le Premier ministre s'étonne de la demande d'une rallonge de 2,3 millions d'euros pour 2012 et de 3,5 millions d'euros pour 2013. «Avant toute décision sur de nouveaux engagements, il est nécessaire de disposer d'un diagnostic commun de la situation», écrit son directeur de cabinet Jean-Paul Faugère. Et de rappeler qu'au titre des années 2009 et 2010, l'État a déjà concédé une recapitalisation de 16 millions d'euros pour RFI puis 41 millions d’euros (au titre du plan de sauvegarde de l'emploi de la radio, du financement du départ de 69 salariés et de son déménagement).

L’enquête ouverte par l'Inspection générale des finances devra répondre à une question: qui est responsable des dépassements budgétaires de France 24? Le pdg de l’AEF, Alain de Pouzilhac, se défend en affirmant que c’est Christine Ockrent, numéro 2 du groupe, qui avait tous les pouvoirs sur France 24 jusqu'en juillet 2010. «Pouzilhac affirme que sa numéro deux lui a caché la situation en se contentant de rapports verbaux qui ne traduisaient pas la réalité de l'entreprise», souligne lepoint.fr. L’enquête de l’Inspection générale va sans doute apporter un nouvel éclairage sur les relations exécrables au sein de l’exécutif du groupe.