«Libération»: ««Demorand a une vraie surface médiatique dont Libé peut bénéficier»

MEDIAS Le journaliste qui devrait prendre la direction de la rédaction du quotidien...

S. C. et A. K.

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Nicolas Demorand, le 9 novembre 2009 à Berlin.
Nicolas Demorand, le 9 novembre 2009 à Berlin. — CAPMAN/SIPA

UPDATE - Europe 1 a confirmé le départ de Nicolas Demorand, mercredi après-midi. «Nicolas Demorand ayant souhaité quitter la radio pour la presse écrite, Europe 1 a songé naturellement à Nicolas Poincaré», a fait savoir la station dans un communiqué. Nicolas Demorand sera donc remplacé par le journaliste de France Info à compter du 1er mars.

Son nom courait depuis quelques jours et les rumeurs au sujet de son départ ont même amusé Nicolas Canteloup mercredi matin... Nicolas Demorand est annoncé comme le successeur de Laurent Joffrin à la tête de la direction de la rédaction de Libération. Laurent Joffrin aurait annoncé lui-même la nouvelle en interne, mercredi matin confirmant une information de challenges.fr.

Manque d'expérience

«Demorand a été présenté comme le candidat de Joffrin, c’est surtout celui de Rotschild, estime une source en interne. Côté positif, il a des soutiens dans la rédaction et une vraie surface médiatique dont Libé peut bénéficier, il peut représenter efficacement le journal à l’extérieur.»

Mais le journaliste pêche par son manque d’expérience. «Après, il ne vient pas de la presse écrite, n’a jamais dirigé un journal, managé une entreprise de presse… cela pose question, à moins qu’il ne s’appuie sur les cadres déjà en place, poursuit encore un salarié de Libération. Au fond, le journal tourne tout seul, et il est très bien représenté à l’extérieur par Laurent Joffrin, un vrai éditorialiste, qui a des tribunes radios, télés, c’est une grande force. Joffrin sait très bien fonctionner avec la rédaction de Libération, où le poids des journalistes est fort. Si Demorand débarque en jouant les stars, ça va pas le faire!»

Vote en interne

Nicolas Demorand, qui officie sur Europe 1 depuis la rentrée, doit encore obtenir l’approbation du conseil de surveillance, qui se réunit ce mercredi. Le poste de directeur de la rédaction de Libération est en effet soumis au vote des salariés. Si 66% des votants se prononcent contre le candidat, il est rejeté, à condition qu’au moins 51% des salariés aient participé au vote, comme le rappelait Mediapart, mardi. «Avant, Edouard de Rothschild a rencontré les représentants des salariés pour justifier Demorand», assure un journaliste de Libé sur Twitter.

«Franchement, à moins qu’il ne se montre insupportable et joue les stars, ça m’étonnerait qu’on lui mette un veto…, estime-t-on en interne. Il faut 66% de votes pour un veto et il ne s’applique qu’au directeur de la rédaction. Si Demorand est co-président, par exemple, autre poste occupé par Laurent Joffrin, le droit de veto ne s’applique pas.»

Toutefois, l’ordre du jour de la réunion du conseil de surveillance de mercredi ne porte pas sur cette succession, selon une source interne, mais sur le bilan de l’année 2010 et les perspectives pour 2011, l’activité du journal et l’étude de pistes en vue d’un rapprochement avec Le Nouvel Obs. Alors que les principaux intéressés n'ont toujours pas officialisé publiquement la nouvelle, l'arrivée de Nicolas Demorand, si elle a bien lieu, ne devrait pas être pour demain mais sans doute en mars, date à laquelle Laurent Joffrin devrait quitter Libération pour rejoindre Le Nouvel Obs.