Le monde du porno divisé sur la 3D

HIGH-TECH Certains ne jurent que par ça, tandis que d'autres n'y voient qu'un «gimmick»...

Philippe Berry (à Las Vegas)

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Une parodie X du film Avatar, par le studio Hustler
Une parodie X du film Avatar, par le studio Hustler — HUSTLER

De notre correspondant à Los Angeles

La 3e dimension est-elle l'avenir du X? Dans le sillage des grosses productions hollywoodiennes, on assiste à un revival de la 3D dans le monde du porno, notamment avec une parodie X d'Avatar. Si certains y voient une opportunité pour lutter contre le piratage, tout le monde n'est pas conquis.

«Franchement, pour moi, ce n'est qu'un gimmick», confie à 20minutes.fr l'actrice Jenna Haze, qui sera prochainement à l'affiche du blockbuster Pirates des caraïbes 3D. «On cherche à suivre la tendance, mais la technologie n'est pas vraiment au point pour le salon».

Les plans des films pornos pas adaptés à la 3D

Le mariage de la 3D et du porno, ce n'est pas vraiment nouveau. Au début du XXe siècle, les pionniers du cinéma expérimentent, avant un boum dans les années 70. A cette époque, on peut même assister à des projections en 3D pour adultes dans des cinémas de New York avec les fameuses lunettes rouge et bleue.

«Sur le papier, c'est plutôt une bonne idée», explique Rob Smith, directeur des opérations pour Hustler video. «Dans la pratique, c'est beaucoup plus compliqué. Tourner en 3D prend plus de temps et coûte plus cher. Il faut embaucher des experts en stéréographie et que les réalisateurs s'adaptent. Le porno est fait de gros plans et de mouvements rapides, caméra à l'épaule, soit à peu près tout ce qui ne rend pas en 3D».

«Tourner en 3D, un cauchemar»

«Franchement, le tournage d'Avatar XXX fut un cauchemar», lâche sur la scène des AVN Awards son réalisateur Axel Braun, «mais on est contents du résultat». «Tourner en 3D est une expérience différente», raconte l'actrice Allie Haze. «Il faut être conscient de chaque plan, s'assurer qu'on ne ruine pas» la mise au point et la profondeur «en balançant un orteil au mauvais endroit». «De l'autre côté, on peut voir le résultat sur l'écran de contrôle tout de suite en enfilant des lunettes. C'est fun et instructif.»

La star française Katsuni voit pour sa part dans la 3D une «vraie opportunité pour les contenus interactifs», avec des projets «mélangeant le X et le jeu vidéo». Mais l'acteur Manuel Ferrara, à son bras sur le tapis rouge des AVN Awards, l'interrompt: «Franchement, je n'ai pas envie de voir une [b...] en 3D.» La barrière n'est peut être pas que technologique.