Christine Ockrent s'accroche à sa place

MEDIA Malgré une motion de défiance approuvée par 85% des votants, la numéro 2 d'AEF a choisi de rester...

Sandrine Cochard

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MEIGNEUX/SIPA

Rester en place lorsque l’on a perdu la confiance de ses salariés. C’est le pari risqué de Christine Ockrent, numéro deux dans l’organigramme de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), malgré la motion de défiance votée contre elle par les salariés de France 24, dans la nuit de mercredi à jeudi.
 
Droit dans ses bottes
 
Et avec la manière: 85% des votants, soit 261 personnes sur les 307 qui se sont exprimées, ont désavoué publiquement leur directrice générale déléguée. Une gifle qui ne semble pourtant pas avoir convaincu l’intéressée, suspectée d’être impliquée dans une affaire d’espionnage informatique de haut vol, de plier bagage. Jeudi, Christine Ockrent a assuré sur France Info qu’elle resterait à son poste. «J'ai le plus grand respect pour les assemblées générales mais ce ne sont pas elles qui décident de la marche de l'entreprise et encore moins de la nomination ou de la destitution des responsables», a-t-elle réagi. Avec raison, puisqu’une motion de défiance n’oblige pas, légalement parlant, un dirigeant à démissionner. Même si elle l’y incite fortement…
 
Christine Ockrent reste donc droite dans ses bottes et maintient sa ligne de défense, inchangée depuis le début de l’affaire. «En quoi je serais mêlée à cette affaire?, a-t-elle poursuivi. Certes, et je ne l'ai jamais nié, c'est une fille qui a longtemps travaillé avec moi qui est mêlée à cette histoire. Je suis la première à le déplorer. C'est une fille à qui j'ai fait pendant très longtemps confiance. Mais là on est en train d'inventer un autre truc, c'est le délit de proximité. Parce que cette fille était proche de moi, je serais responsable et coupable de tout ce qu'elle aurait fait, de tout ce qu'elle aurait dit (...) Je n'ai rien à voir avec cette affaire de piratage informatique. C'est une atteinte à mon honneur. C'est calomnieux. C'est diffamatoire.»


Christine Ockrent : "Mon honneur est bafoué"
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L’Assemblée s’en mêle
 
Selon Christine Ockrent, c’est au gouvernement de sceller son sort. Les choses pourraient bien évoluer, puisque l’Assemblée a décidé mardi de se saisir du dossier. De son côté, l’Elysée refuse de trancher. «Nicolas Sarkozy, pourtant à l'origine de la nomination de ce tandem, ne s'en mêlera pas et laisse le soin à Frédéric Mitterrand d'aviser», affirme lepoint.fr. Le ministre de la Culture a convoqué mardi Alain de Pouzilhac (président d’AEF) et Christine Ockrent «pour remettre les pendules à l'heure». Sans succès apparemment.

 

Alain de Pouzilhac sur le fil
Egalement visé par le vote de la motion de défiance, le président d’AEF et P-DG de France 24 sauve les meubles. Avec 54,07 % de soutien (contre 21,5 % des salariés qui lui retirent leur confiance), Alain de Pouzilhac n’obtient pas de soutien franc et massif mais est conforté du bout des lèvres.