« J'ai reçu plus de 3 600 invités ! »

Recueilli par Stéphane Leblanc

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Jacques Chancel a arrêté en 1989 toutes ses émissions de radio et télévision.
Jacques Chancel a arrêté en 1989 toutes ses émissions de radio et télévision. — BENAROCH / SIPA

Bien avant « le Grand échiquier » à la télé, c'est une émission radio culte qui a lancé Jacques Chancel sur France Inter en 1968. Aujourd'hui, « Radioscopie » fait l'objet d'un premier coffret pour les fêtes, aux éditions INA

Comment définiriez-vous « Radioscopie » ?
Une émission avec une multitude d'invités prestigieux. Maintenant, elle est devenue un grand cimetière. Si j'entends ma voix à la radio dans des extraits, c'est que quelqu'un vient de mourir.

Combien d'invités avez-vous reçus ?
Plus de 3 600 dans 6 826 émissions. Romain Gary pensait que j'arrêterai très vite : « Dans ce pays, il n'y a pas plus de 60 personnes intéressantes », disait-il.

Qui vous a le plus marqué ?
Il y en a tant !… Je me suis souvent déplacé pour les voir. Marguerite Yourcenar était pleine d'attention à mon égard, Chagall m'a peint une toile que je n'ai jamais pu emporter. Je la lui ai laissée…
La réplique qui vous fait encore sourire ?
Quand j'ai demandé à Brigitte Bardot le plus beau jour de sa vie. « C'était une nuit », a-t-elle répondu.

Votre secret en tant qu'intervieweur ?
Je sais écouter. Et j'ai un principe : l'insolence passe par la courtoisie. Aujourd'hui, certains se croient impertinents, mais ne le sont pas.

Vous avez arrêté en même temps

vos émissions radio et télé en 1989…
Et je ne les ai jamais réécoutées ou revues. Je préfère aller de l'avant. En 1989, je savais juste que prendre la direction de FR3 ne surpasserait pas les six semaines que Marcel Jullian et moi avons passées seuls à inventer Antenne 2.

Quel regard portez-vous

sur la télé d'aujourd'hui ?
Je ne dis jamais « de mon temps » ou « c'était mieux avant ». Il faut vivre avec son époque et profiter du progrès. W

Archives

En numérisant les émissions de Jacques Chancel, l'INA s'est parfois heurté à des épisodes incomplets. Face à l'urgence d'un décès, des journalistes avaient coupé dans les bandes magnétiques sans remettre les extraits empruntés à leur place.