Licenciement de Siné: «Charlie Hebdo» condamné

MEDIAS Le tribunal estime que son contrat a été rompu abusivement...

S. C.

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Le dessinateur Siné, poursuivi pour "incitation à la haine raciale" après avoir ironisé dans Charlie Hebdo sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Lyon.
Le dessinateur Siné, poursuivi pour "incitation à la haine raciale" après avoir ironisé dans Charlie Hebdo sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Lyon. — Philippe Merle AFP/Archives

Siné obtient gain de cause. Licencié de Charlie Hebdo en juillet 2008 pour des propos jugés antisémites envers Jean Sarkozy, le dessinateur vient de voir le tribunal de grande instance de Paris lui donner raison. 

40.000 euros

La cour a en effet estimé mercredi que la société éditrice de Charlie Hebdo avait rompu abusivement le contrat de collaboration qui la liait depuis seize ans avec le caricaturiste. «Il ne peut être prétendu que les termes de la chronique de Maurice Sinet sont antisémites, ni que celui-ci a commis une faute en les écrivant», a-t-elle estimée dans son jugement, rendu le 30 novembre dernier.

Elle a donc condamné la société à verser 40.000 euros de dommages et intérêts (préjudice économique + préjudice moral) à Siné et à publier la condamnation dans Charlie Hebdo

Le procès opposant Siné à Charlie Hebdo avait fait grand bruit. Le directeur de la publication à l’époque, Philippe Val (aujourd’hui directeur de France Inter), estimait que les propos de Siné «pouvaient être interprétés comme faisant le lien entre la conversion au judaïsme et la réussite sociale et ce n'était ni acceptable ni défendable devant un tribunal». Siné avait alors assigné Charlie Hebdo en justice pour rupture abusive de contrat et réclamait 148.000 euros.

En réaction à son licenciement, le dessinateur avait également lancé son propre hebdo satirique, baptisé Siné. Celui-ci aura finalement une durée de vie d’un an et demi.