«Les finalistes n'étaient pas là pour trouver l'amour» dans «Qui veut épouser mon fils?»

MEDIAS Des participantes ont confié à 20minutes.fr le fonctionnement de l'émission...

C.P.

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Florent et Stéphanie de «Qui Veut épouser mon fils?» sur TF1
Florent et Stéphanie de «Qui Veut épouser mon fils?» sur TF1 — C. CHEVALIN / TF1

«L’une des responsables est venue me voir vers 19h, le premier soir, en me disant: "Toi, on aimerait bien que tu sois finaliste. Fais gaffe, la mère de Giuseppe a des principes. Joue les petites filles modèles". Donc je n'ai pas dit que j’étais playmate. Juste que j’étais modèle». Quand elle raconte son expérience dans «Qui veut épouser mon fils», Angélique Jérôme rit beaucoup. Elle rit de la prod, des scènes où elle s’est retrouvée, et des candidats – de Giuseppe beaucoup. Avec bonne humeur, cette «prétendante» connue pour ses photos dans Entrevue et son rôle de jeune-fille au pair pour Woody Allen, raconte la scénarisation de l’émission.

«Ne garde pas ta langue dans ta poche»

Pour elle, la chaîne gère «Qui veut épouser mon fils?» de deux manières: en passant des consignes, ou par le montage. Angélique s'est d'abord entendue demander d'être sage, puis dans un autre épisode, «Il faut que l’une d’entre vous le chauffe» lors du trajet sur lequel toutes les prétendantes de Giuseppe se rendaient au restaurant.

Il peut aussi s’agir d’incitations. Chaque groupe de filles est accompagné de ce qu’elles appellent des «nounous»: des femmes chargées de leur parler, de gagner leur confiance. Noëlle (la première prétendante d'Alexandre et celle qui se demandait s'il était puceau) raconte ainsi que lors de son élimination, elle s'est vue conseiller: «Quand tu vas être éliminée, n’hésites pas à être énervée. Tu as un caractère fort, ne garde pas ta langue dans ta poche».

Montage

L’autre ficelle de la production, c’est évidemment le montage. Prenez la scène de crêpage de chignons entre Jessica et Adeline, toutes deux prétendantes de Florent. Noëlle, devenue proche de Jessica, explique que cette dernière lui a raconté des choses bien différentes. Si Jessica est dans un tel état, c’est, selon Noëlle, parce que Stéphanie et Adeline aguichaient les cadreurs et que Jessica en avait assez.


Montage décalé aussi lorsque Giuseppe élimine Angélique: avant de se faire éjecter, elle avait fait tout un tas de confidences à Marie, autre prétendante du misogyne, qui s'était fait un plaisir de tout déballer à Giuseppe. «Je disais qu’il embrassait mal, que je jouais pour voir, que je voulais savoir comment c’était la téléréalité mais c’était tout. Je n’étais pas là pour trouver l’amour moi. Quand Marie lui a raconté tout ça, il a dit qu’il allait prendre sa revanche. Et c’est ce qu’il a fait quand il m’a éliminée de façon assez brusque.»


Et lorsque le montage ne suffit pas à améliorer les scènes, il suffit de les rejouer. Comme cette scène où Marie-France met du silicone dans le soutien-gorge d’Angélique. «TF1 n’était pas contente de la scène. Du coup, on nous a fait revenir pour la retourner en redisant nos répliques, explique Angélique. Ce qui est drôle, c’est qu’à ce moment-là j’étais déjà avec Alban et je disais que oui, bien sûr, j’étais prête à me faire refaire les seins pour Giuseppe».

«On a juste donné un cadre»

David Warren, producteur de l’émission, oppose qu’aucune consigne n’est donnée aux prétendantes. «On a juste donné un cadre, des règles générales», comme le fait que les participants n’étaient pas censés se voir entre les tournages. «Le casting est très bon – et si on les produit bien, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, des phrases cultes, des scènes formidables. Certains scénaristes n’auraient pas osé écrire ce qu’on a montré». Mais de là à dire que les jeunes femmes, à défaut des candidats, sont dirigées, il y a un pas que David Warren se refuse à franchir.

Dans quelle mesure la production intervient-elle? «Je supervise tant que je peux, explique David Warren, j’assiste aux tournages». Ainsi, quand une nouvelle prétendante est intégrée à l’équipe, à l’improviste, le producteur explique que c’est Alban qui a eu l’idée de l’inviter, et que lui-même est passé après pour «blinder», s’assurer qu’elle acceptait d’être filmée, qu’elle comprenait bien le principe de l’émission. «Ils étaient tous les deux des habitués de l’endroit, ce n’était pas très étonnant de les y retrouver. On a vu qu’ils avaient l’air de se plaire, on s’est dit que c’était une bonne idée. Après, est-ce qu’elle en avait vraiment envie ou est-ce qu’elle l’a fait par arrivisme? C’est dans sa tête à elle».


«Alexandre était la seule personne sincère»

Pas une once de sincérité donc, dans ce programme de téléréalité? Si, une once. Alexandre. «Je suis devenue amie avec Alexandre après le tournage, explique Noëlle. Il m’appelait souvent pour me demander conseil, il était à fond dans le jeu. Il le faisait vraiment pour trouver l’amour. Sarah avait un copain à l’extérieur. Charlotte essaie de monter un groupe de danse avec ses copines. Emilie, c’était pour le fun. Moi…  c’était par vengeance envers mon ex, qui m’avait larguée pour une nana de téléréalité. Alexandre était la seule personne sincère. Et les finalistes, c’est clair et net, elles n'étaient pas là pour trouver l’amour».


Même certains candidats masculins confessent leur manque d’implication.  Florent voulait par exemple faire décoller sa carrière de mannequin.

Audiences

Seulement, réalité ou pas, les spectateurs sont au rendez-vous. Les audiences de «Qui veut épouser mon fils?» sont bonnes, voire excellentes. Et le public a beau se demander en permanence qui joue et qui est authentique, il se pose ces questions rivé au poste.
 
Est-ce que l’illusion d’authenticité est inutile? «Mais il ne s’agit pas de croire ou pas. Il s’agit de voir», persiste David Warren.