Une grimace à la face des préjugés

DOCUMENTAIRE «Faces», l'histoire de portraits hilares affichés en Israël et en Palestine...

Benjamin Chapon

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Réalisés en 2007, certains collages sont encore visibles aujourd'hui sur le mur.
Réalisés en 2007, certains collages sont encore visibles aujourd'hui sur le mur. — JR

Leurs grimaces et leurs visages hilares ont fait le tour du monde, repris par les médias, photographiés. Le documentaire Faces* retrace l'expédition artistique du photographe JR. Habitué des actions artistiques en milieu urbain, le Français avait placardé les portraits de Palestiniens et d'Israéliens, à Jérusalem, Hébron ou Tel Aviv, et même sur le mur de séparation. Le tout sans autorisation. «Finalement, ça a été assez simple, raconte JR. On me demande souvent comment on communiquait avec les gens. Mais le plus dur dans une rencontre, c'est le premier pas.»

Des caméras pour bouclier

Au fil des rencontres, l'expédition composée d'une dizaine de personnes a croisé des passants in­cré­dules, choqués ou enthousiasmés. «D'habitude, on fait nos actions la nuit, cachés. Mais là, on devait discuter avec les gens pour que le projet ait du sens.»

Etrangement, l'équipe a eu peu de problème avec les autorités palestiniennes. «Les flics, là-bas, ils ont des trucs plus graves à gérer que des types qui collent des affiches.» Changement d'ambiance près du mur de sécurité. «On risquait de se faire embarquer quand on a collé sur le mur, côté israélien. Alors on a prévenu la presse. Les caméras étaient nos boucliers : l'armée n'intervenait pas par crainte du scandale.»

* Ce mardi à 1 h sur TV5 Monde.

Tourisme

L'expérience a inspiré à l'agence Voyageurs du monde des circuits touristiques mêlant les deux pays. « Le tourisme peut avoir un impact, espère JR. Sur l'économie et sur la vision qu'on a du conflit. »