« Des pressions terribles »

recueilli par Alice coffin

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Pour Rémy Pernelet, le milieu de la télévision n'a rien d'un univers tout rose.
Pour Rémy Pernelet, le milieu de la télévision n'a rien d'un univers tout rose. — E. FOUGERE / TF1

Rémy Pernelet est ­rédacteur en chef des magazines Télé 2 semaines et TV Gran­des Chaînes. Dans son livre Télé, un monde sans pitié (éd. Flammarion), il décrit combats et coups bas au sommet, cadres de chaîne sous pression et ivresse de l'antenne.

Votre livre dresse des portraits effrayants des dirigeants des chaînes. Il s'adresse d'abord à eux  ?
Non, aux lecteurs qui croient que la télé est un univers tout rose. Alors qu'aucun autre secteur ne conjugue des succès si précaires, des sommes d'argent si énormes et un tel pouvoir. Une dizaine de personnes dirige les loisirs de 60 millions de Français !
Dix personnes que vous ne loupez pas !
J'en ai marre, en tant que journaliste, d'être traité en outil de promotion. Toute critique engendre des représailles. Est-ce que L'Equipe est blacklistée d'une conf' de presse des Bleus à cause de ses critiques ? Non, alors que les journalistes médias peuvent être frappés de fatwa. C'est hallucinant.

Comment l'expliquez-vous ?
Par le pouvoir des services de communication dont le boulot est de travestir la réalité. Quand « Star Academy » se plante, TF1, au lieu d'admettre qu'ils ont perdu les fondamentaux de l'émission balance : « Trop de “Star Ac'” tue la “Star Ac'” » ! Les chaînes doivent agir en adultes et accepter le débat.

Leur fonctionnement interne

n'est pas décrit comme plus rose !
Les cadres y subissent de terribles pressions. Ma grande question était : comment des gens talentueux acceptent-ils des conditions insupportables ? Parce que c'est un milieu minuscule. Les transferts sont limités, il y a moins de chaînes que de clubs de foot !