Gérald Dahan: «Il y a une collusion entre France Inter et le pouvoir»

MEDIA L'humoriste a été remercié par la station la semaine dernière...

S. C.

— 

IBO/SIPA

Moins d’une semaine après avoir été remercié par France Inter, Gérald Dahan règle ses comptes.
 
«Je m'attendais à un recadrage»
 
Selon l’humoriste, «l'aventure était prévue pour durer plus longtemps». «Il n'était absolument pas question d'un rendez-vous pour savoir si on continuait après fin octobre comme le prétend aujourd'hui la direction de France Inter, assure Gérald Dahan dans une interview accordée au quotidien Sud Ouest, mercredi. Le directeur, Philippe Val, et son adjointe, Laurence Bloch, me soutenaient depuis le début. Ils m'avaient donné de plus en plus de temps de parole et trouvaient que j'étais pertinent. Du moins jusqu'à mercredi...»
 
Le lendemain, Gérald Dahan fait une chronique sur Michèle Alliot-Marie. La ministre ne goûte pas son humour et selon lui, son éviction en est la conséquence directe. «"MAM" s'était décomposée sur place et en voyant la tête de Laurence Bloch (directrice adjointe de France Inter), qui était présente ce jour-là en régie, je m'attendais à un recadrage ou un avertissement mais absolument pas à une rupture sèche, explique-t-il. Le fait d'être convoqué 24 heures seulement après ma chronique ne laisse pas beaucoup de place au doute.»
 
De son côté, le directeur de la station Philippe Val aurait expliqué à l'humoriste «qu'il n'avait pas réussi à trouver un ton».
 
«Autocensure»
 
Gérald Dahan dénonce l’ambiance qui règne dans les couloirs de la station. «On est dans un climat de peur des dirigeants politique dont dépend le service public, affirme-t-il. Cette peur est tellement palpable que j'ai sincèrement l'impression qu'il y a une collusion entre France Inter et le pouvoir. Ou du moins une autocensure, et c'est peut-être pire.»
 
Gérald Dahan n’est pas le seul humoriste recruté cette saison à quitter France Inter. Avant lui, Raphaël Mezrahi avait décidé mi-septembre, «d'un commun accord» avec la direction, d'arrêter sa chronique avant de dénoncer également une mauvaise ambiance.